Tentative de bonheur n°4 : Prendre soin de ce qui compte

Ces vaillants œufs courent-ils le risque de tomber, malgré toute la maîtrise du geste mécanique ? Comment se terminera la rencontre entre l’artificiel et l’organique ?

Cette installation cinétique questionne nos souhaits de bienveillance autant que nos ardeurs de contrôle au sein d’une existence soumise à des aléas sur lesquels nous n’avons aucune prise. En tentant de maîtriser des phénomènes a priori aléatoires et imprévisibles, l’artiste canadien Samuel St-Aubin invente des dispositifs insufflant un mystère et une vie insoupçonnée à l’ordinaire, sans pour autant nier son immanquable précarité.

Retrouvez l’œuvre de l’artiste Samuel St-Aubin au fil de l’exposition “Tentatives de Bonheur”, jusqu’au 26 juillet au MAIF Social Club (37 rue de Turenne, 75003).

Pour en savoir plus : www.maifsocialclub.fr ; www.samuelstaubin.com

© Édouard Richard / MAIF

 

Conférence-événement de Jeanne Siaud-Facchin : (Re)trouver confiance et amour de soi

Jeanne Siaud-Facchin présentera, le temps d’une soirée, les fruits de son approche humaine, authentique et bienveillante du métier de psy qu’elle pratique depuis 30 ans, la même qui l’a conduite à fonder les Centres Cogito’z, dédiés aux enfants surdoués.

Prononçant sans rougir le mot “amour”, cet intérêt profond pour le bien-être de son patient, Jeanne partagera avec nous les précieuses clefs d’une psychologie nouvelle et adaptée aux besoins de chacun, une psychologie à la fois experte, intégrative et efficace qui ne nous réduit pas à notre passé comme pouvait le faire l’analyste d’hier, dans une posture froide et lointaine.Une psychologie qui se concentre sur nos ressources et nous aide à devenir, dans le présent, le véritable acteur de notre vie, en toute liberté. Une psychologie qui, enfin, « redonne une colonne vertébrale à la compréhension holistique de l’être humain » pour « aller bien, aller mieux, vivre bien, vivre la même vie mais en mieux ».

Pour plonger dans l’aventure :
• Rendez-vous le 7 octobre 2019 à 19h30
• Théâtre de l’Atelier à Paris
• Places à partir de 10 €
• Profitez de notre super tarif en catégorie 1 à 26 € au lieu de 36 € avec le code HAPPINEZ

Pour en savoir plus www.terre-etoiles.fr 

 

© Photo @stella&claudel

Entre rêve, spiritualité et sagesse amérindienne

Happinez : Par quelle quête est appelée votre héroïne Charlotte quand commence son histoire ?

Olivia Zeitline : Dans mon nouveau roman, Là où chante l’étoile, Charlotte, mon héroïne, est face à une quête inconsciente, celle d’aller vers son grand destin en accord avec ses désirs les plus profonds. Une quête qui la dépasse parfois tant elle demande beaucoup de sacrifices, de résilience, de foi et de courage. Une quête difficile à ancrer dans le fonctionnement de la société contemporaine. Charlotte cherche une place dans ce monde tout en respectant la profondeur de son chemin d’âme. Au début de son aventure, elle voudrait que plus rien ne bouge dans sa vie qui ressemble à tout ce qu’elle avait désiré depuis toujours, à ses rêves d’enfant : elle a enfin intégré la troupe de danse contemporaine d’un chorégraphe célèbre et sa vie amoureuse s’est stabilisée avec Tom, son compagnon. Mais d’étranges songes la réveillent en sueur. Il y a donc une sorte d’opposition entre la nuit et le jour… Qu’est-ce que la nuit nous révèle sur le jour ? Ces rêves nocturnes guident mon héroïne vers Los Angeles, où se rend sa troupe de danse, ville des rêves les plus grands et des stars, mais aussi des désillusions et des clochards… Je trouvais intéressant de suivre ce fil de la nuit qui fait irruption dans le jour et qui mène à la question de l’ombre et de la lumière. Quand on entre sur un chemin initiatique, la vie est une suite de transformations qui nous mènent là où on ne l’aurait pas imaginé. Il y a des phases de déconstruction et de construction, d’ombre et de lumière. Comment intégrer notre part d’obscurité dans notre grand jour ? Dans ce roman, mon héroïne va être confrontée à la nuit noire de l’âme. À chaque début de chapitre, j’écris une phrase poétique et celle-ci résume cette phase de l’évolution initiatique : « Plus on meurt, plus on renaît ». C’est dans ce trou noir que se trouve son étoile. Une étoile qui n’est peut-être pas celle de la danseuse étoile, du rêve de devenir une étoile qui brille mais une autre étoile, plus lointaine, plus mystique… Tout au long de mon roman, je traite avec poésie cette idée que la nuit jaillit pour redonner du souffle au jour si on ose écouter son message.  Ce roman, c’est aussi un récit où j’avais envie de donner de la force au lecteur pour continuer malgré les épreuves.

 

Happinez : Les rêves sont très présents dans votre livre. Quel est, à votre avis, le rôle de ces visions nocturnes dans une vie humaine ?

Olivia Zeitline : Les rêves sont le langage de l’âme, de l’intuition viscérale… Ils sont la porte d’accès à notre profondeur, à nos désirs enfouis. D’après mon expérience, ils peuvent nous montrer bien plus que ce dont nous avons conscience. Ils nous parlent par rébus, par symboles et parfois beaucoup plus clairement et simplement qu’on ne l’imagine. Les rêves de la nuit peuvent être des détonateurs, des déclencheurs, des messages de l’invisible, de nos guides, de personnes chères… Il y a autant d’explications que de sensibilités… Ils peuvent nous amener à trouver notre chemin. Je me suis beaucoup documentée à leur sujet avant d’écrire mon roman. J’ai lu notamment qu’il était important, pour s’en souvenir, d’essayer de les noter, de conserver un carnet à coté de sa table de chevet. Personnellement, les rêves sont venus me guider naturellement, souvent quand je m’y attendais le moins… De temps en temps, avant de m’endormir, je posais simplement l’intention d’avoir des réponses pendant la nuit. Les guidances ne sont pas forcément venues tout de suite mais cela a fonctionné sur la durée. C’est aussi de cette manière que mon héroïne obtient finalement le plus de réponses… Mais chacun a sa méthode et il est important de se connaître et de s’écouter. L’intrigue de mon roman est basée sur la quête de sens de Charlotte qui tente de comprendre les rêves quasi mystiques dans lesquels une ombre mystérieuse lui rend visite. Je pose la question des rêves télépathiques ou des songes en lien avec des guides, comme dans la tradition amérindienne. En réalité, ça n’est pas la réponse qui compte. C’est la manière dont toutes les interprétations font évoluer mon héroïne, dont ils la mettent en mouvement. Pour moi, les rêves nocturnes sont fondamentaux dans nos vies de par l’énergie qu’ils dégagent depuis le lieu d’où ils viennent.

 

Happinez : Votre roman évoque notamment la spiritualité amérindienne. Que vous a appris cette sagesse ?

Olivia Zeitline : Avant de commencer à écrire mon roman, j’ai fait énormément de recherches sur cette culture qui me fascinait depuis toujours, sans trop savoir pourquoi, comme si j’étais appelée à parler d’elle… Pour les Amérindiens, tout est interconnecté, chaque chose a un esprit et est une part du grand Esprit. Cela m’a fait du bien de découvrir cette manière très simple d’expliquer une sensation que j’avais instinctivement en moi depuis toutes ces années d’introspection, de rencontres et de lectures sur la spiritualité.  En effet, je me suis souvent sentie connectée aux éléments, comme si je pouvais leur parler. Dans mes romans Et j’ai dansé pieds nus dans ma tête ou Là où chante l’étoile, j’ai travaillé les éléments de la nature, le désert, la forêt, les collines comme de véritables personnages qui ont, eux aussi, des messages à délivrer à mon héroïne. Je trouve ça beau et poétique. Pour moi, cette sagesse invite donc à voir l’invisible, à entrer en relation avec cette force cosmique impalpable mais omniprésente, celle du mouvement fondateur de l’univers, et à lui faire confiance.

Dans ce roman, je me suis demandé comment comprendre leur culture et comment l’appliquer à notre mode de vie occidental… Nous ne serons jamais des Amérindiens, nous ne vivons pas en interaction avec le désert. La question que pose ce livre est de savoir comment regarder leurs enseignements pour qu’ils nous servent à nous positionner dans l’existence. Pour mon héroïne, j’en reviens à sa place dans le monde, à son envie d’être là où chante l’étoile…

Et puis, après avoir lu beaucoup de livres, j’ai eu envie d’aller les rencontrer. Tout s’est déroulé par un enchaînement de coïncidences. Avec mon compagnon, Dominique Filhol, nous sommes allés à Sedona car son court-métrage avait été sélectionné à un festival de films là-bas. Au milieu de ces roches rouges à l’énergie yang, nous avons rencontré des personnes qui, de fil en aiguille, nous ont présenté un Amérindien de la tribu des Hopis. Celui-ci nous a invités à venir chez lui et à visiter son atelier de bijoux. Nous avons roulé pendant de longues heures, dont les deux dernières au milieu du désert d’Arizona, pour finalement arriver sur un haut plateau, aux roches jaunes cette fois. Sa ville s’appelle Second Messa et il n’y a rien à part un hôtel restaurant. Les réserves sont comme les décrivent les films et c’est assez difficile à voir mais leur culture ancestrale reste très belle. Notre nouvel ami nous a conduits jusqu’à la pierre de la prophétie et nous avons été autorisés par les Esprits de leurs ancêtres à reprendre le message gravé sur ces pierres. Cette prophétie raconte comment nos ancêtres ont réussi à passer du troisième au quatrième monde, à travers le Ciel, pour arriver au Grand Canyon, le centre de l’Univers. Il faut aujourd’hui que l’humanité ouvre son cœur pour passer dans le cinquième monde, un monde d’équilibre et d’harmonie. L’important pour ce peuple, désormais, est de diffuser le message selon lequel la présence des ténèbres en tout chose doit être équilibrée. Chacun de nous peut devenir Hopi s’il développe de la compassion envers lui-même et pour ses erreurs – car nous en faisons tous – mais surtout une humilité à retrouver en urgence face à notre Mère la Terre.

 

Propos recueillis par Aubry François

 

Tentative de bonheur n° 3 : Créer le merveilleux

Mais que fait-il si loin du ciel où nous nous amusions, enfants, à contempler, allongés dans l’herbe fraîche d’une matinée paisible, les cumulus à la danse éphémère, paissant près du soleil, tels des moutons immaculés ? Immobile, il flotte, comme suspendu sous une lumière zénithale, sans chercher à s’effacer ou se disperser – comportement attendu généralement de ces amas de vapeur d’eau condensée. Approchant un peu de lui, privilège rare pour des humains sans ailes, nous pourrions être déçus de découvrir que le nuage n’en est pas vraiment un, mais le brio de cette installation constituée de plaques de verre gravées et successives qui créent l’illusion, le volume et le caractère vaporeux du nuage, nous émerveille tout autant qu’une vision céleste.

Présentée pour la première fois sous cette forme en Europe, l’œuvre de l’artiste argentin Leandro Erlich nous incite à remettre en question ce qui est considéré comme réel ou comme artificiel. Ainsi, la révélation du mécanisme de l’illusion nous rappelle que le réel lui-même n’est qu’une construction de l’esprit, une mise en scène que l’on peut modifier à l’infini.

Retrouvez l’œuvre de l’artiste Leandro Erlich au fil de l’exposition “Tentatives de Bonheur”, jusqu’au 26 juillet au MAIF Social Club (37 rue de Turenne, 75003).

Pour en savoir plus :www.maifsocialclub.fr ; www.leandroerlich.art

© Édouard Richard / MAIF

 

Un autre regard scientifique sur le monde est possible…

Sommes-nous un corps qui a une conscience, ou bien une conscience qui a un corps ? La question peut sembler farfelue, et pourtant elle se pose avec beaucoup d’acuité à mesure que nos sociétés s’enfoncent dans une crise du sens. Les traditions spirituelles et religieuses nous disent depuis toujours que nous sommes d’abord conscience mais les progrès de la connaissance ont relégué cette conviction au rang de simple croyance. « Je n’ai pas trouvé l’âme sous mon scalpel ! », s’est fameusement écrié Claude Bernard, fondateur de la médecine expérimentale. « Le cerveau secrète la pensée comme le foie secrète la bile », avait affirmé Pierre Cabanis avant lui. Pourtant nous sommes entourés et même constitués d’énergies, de forces, d’influences subtiles dont il n’est guère tenu compte par la médecine classique alors que là réside certainement la clé de notre bien-être.

 

Une hypothèse devenue dogme

Pour un nombre croissant de scientifiques et de philosophes, le matérialisme relève d’une hypothèse scientifique qui s’est transformée en idéologie et en dogme. Dans l’histoire des sciences, on a écarté le sujet, l’observateur, pour atteindre à une vision “objective” du monde. Puis on a écarté l’esprit, l’immatériel, puisque seule la matière avait une existence objective. Aujourd’hui, le sujet et l’immatériel font un retour fracassant sur fond de “renversement de paradigme”, c’est-à-dire une vision du monde qui donne la primauté à la conscience. Toute notre expérience de la réalité est une expérience de conscience et il faut parvenir à articuler cette conscience au cerveau, donc au monde de la matière. C’est le “problème difficile” de la conscience posé par le philosophe David Chalmers et qui n’a pas vraiment de solution à ce jour. Soit le matérialisme ne reconnaît pas d’existence propre à “la conscience”, réduite à l’activité des neurones, soit un certain dualisme cartésien considère la conscience comme une substance distincte de la matière, mais dont on ne sait pas comment elle se relie et s’articule à elle. Un autre courant, qui se rapproche de l’idéalisme en philosophie, prétend que la conscience est la réalité première, la substance fondamentale du monde, dans laquelle la matière apparaît. Selon Mario Beauregard, chercheur en neurosciences actuellement affilié au département de psychologie de l’Université de l’Arizona, la conscience a une existence propre et elle agit sur la matière.

 

Les sciences étouffées et entravées

Venue des réflexions autour de la physique quantique et des sciences cognitives, c’est une révolution qui reste pour l’heure confinée à des cercles d’initiés, mais dont les porte-parole ont une grande respectabilité scientifique. À l’issue d’un sommet international réunissant, en 2014, des scientifiques d’horizons divers (biologie, neurosciences, psychologie, médecine, psychiatrie), Mario Beauregard a co-créé un institut baptisé Académie pour l’Avancement des Sciences Post-matérialistes et publié un manifeste qui en est l’acte fondateur. En dix-huit points, le texte dresse un constat de l’obstacle que représente désormais le postulat matérialiste pour les progrès de la connaissance. « Selon ce système de croyances, l’esprit n’est rien de plus que l’activité physique du cerveau, et nos pensées ne peuvent avoir aucun effet sur nos cerveaux et nos corps, sur nos actions et sur le monde physique », lit-on en particulier. On sait pourtant aujourd’hui les capacités de guérison que recèlent de nombreuses méthodes thérapeutiques alternatives, et qui reposent bel et bien sur un travail d’intention. Le texte n’oublie pas ni ne dénigre les progrès permis par la « philosophie matérialiste », dont les « méthodes scientifiques […] se sont avérées hautement fructueuses car elles ont permis une meilleure compréhension de la nature, ainsi qu’un plus grand contrôle et une liberté accrue par le biais des avancées technologiques. Toutefois, la dominance quasi absolue du matérialisme dans le milieu académique a étouffé les sciences et entravé le développement de l’étude scientifique de l’esprit et de la spiritualité. »

 

Notre place dans la nature

Le fait de « négliger la dimension subjective de l’expérience humaine […] conduit à une conception fortement déformée et appauvrie de nous-mêmes et de notre place dans la nature. » Ne voit-on pas l’extrême urgence à retrouver le sens de ce qui fait la nature humaine et son lien avec ce qui l’entoure, vivant et inanimé ? « La science est d’abord et avant tout une méthode non dogmatique et ouverte d’acquisition de connaissances au sujet de la nature », et elle doit pouvoir avancer sans a priori ni tabou. « Cette méthode est basée sur l’observation, l’investigation expérimentale et l’explication théorique de phénomènes. La méthode scientifique n’est pas synonyme de matérialisme et ne doit être influencée par aucune croyance, dogme ou idéologie. » La persistance d’un présupposé matérialiste dans la science moderne est pourtant un anachronisme depuis plus de cent ans. Les explorations dans le domaine de la physique quantique ont en effet montré au-delà du doute que la matière aux échelles infinitésimales se réduit à de l’information en interaction avec la conscience de l’observateur. Il n’y a plus d’objet, il n’y a plus de matière, seulement une entité mathématique qui traduit la relation entre ce qui est observé et ce qui observe. « Le monde physique […] ne peut pas être compris sans faire référence à l’esprit », résume le manifeste pour une science post-matérialiste.

 

Nos pensées influencent le corps

Des expériences ont d’ailleurs montré que la conscience d’un observateur pouvait interférer avec le comportement soit ondulatoire soit corpusculaire d’une particule quantique comme un électron. Pour que cela soit possible, il faut que la conscience ait une existence propre, qui se traduise en termes énergétiques afin d’agir sur la matière. Il faut que l’énergie psychique et l’énergie physique soient une seule et même chose ou bien que l’une se transforme en l’autre. Des milliers de publications scientifiques documentent aujourd’hui les effets de la méditation ou le pouvoir de l’intention sur le corps. « De surcroît, des travaux en psycho-neuro-immunologie indiquent que nos pensées et nos émotions peuvent grandement influencer l’activité des systèmes physiologiques (par exemple : immunitaire, endocrinien, cardiovasculaire) connectés au cerveau. Par ailleurs, les études de neuroimagerie de l’autorégulation émotionnelle, de la psychothérapie et de l’effet placebo, démontrent que les événements mentaux affectent significativement l’activité du cerveau », poursuit le texte. Les phénomènes psi, les expériences de mort imminente et même la médiumnité produisent des résultats de recherche qui doivent être pris en compte dans notre description du monde. Dans le même temps, les questions fondamentales de la physique sont plus que jamais ouvertes : qu’est-ce que l’espace, qu’est-ce que le temps, qu’est-ce que la matière ? « Les données qui ne sont pas compatibles avec les théories et croyances des scientifiques ne peuvent être rejetées a priori. Un tel rejet appartient au domaine de l’idéologie, pas à celui de la science. »

 

L’existence d’un Esprit

Le matérialisme échoue « à expliquer comment le cerveau pourrait générer l’esprit et (est) incapable de rendre compte des évidences empiriques discutées dans ce manifeste. Cet échec indique qu’il est maintenant temps de nous libérer des chaînes de la vieille idéologie matérialiste, d’élargir notre conception du monde naturel et d’embrasser un paradigme post-matérialiste. »  Ce paradigme postule que « l’esprit représente un aspect de la réalité tout aussi primordial que le monde physique », et qu’il existe « une profonde interconnexion entre l’esprit et le monde physique », de sorte que « l’esprit (la volonté/l’intention) peut affecter l’état du monde physique et opérer de manière non-locale, c’est-à-dire qu’il n’est pas confiné à des points spécifiques dans l’espace (tels que le cerveau et le corps) et le temps (tel que le présent). » Comme le disait Erwin Schrödinger, codécouvreur de la physique quantique : « La conscience est un singulier qui n’a pas de pluriel ». Ainsi, les observations suggèrent « l’existence d’un Esprit qui englobe tous les esprits individuels », écrivent les auteurs du manifeste, alors que d’autres expériences aux portes de la mort suggèrent « la survie de la conscience […] et l’existence de domaines de réalité non-physiques. » Bien sûr, l’existence de la matière n’est pas rejetée : « La science post-matérialiste perçoit la matière comme un constituant fondamental de l’univers. »

 

Les auteurs de ce texte sont également pour la plupart des membres de l’Académie pour l’Avancement des Sciences Post-matérialistes. Outre Mario Beauregard, on y trouve Gary E. Schwartz (Pr. de psychologie et médecine), Lisa Miller (Pr. de psychologie), Larry Dossey (médecin), Dean Radin (ingénieur et psychologue), ou encore Menas Kafatos (physicien). Le manifeste en lui-même a été signé par des centaines de scientifiques et d’intellectuels, y compris en France. Même si la France est le dernier bastion du cartésianisme, elle s’honorerait à s’ouvrir davantage à ces réflexions. En effet, si les bases scientifiques d’une autre lecture du monde ne sont pas reconnues et valorisées, une large frange d’enthousiastes se tourne vers des sources alternatives, à la fiabilité douteuse.

 

Jocelin Morisson (journaliste scientifique)

Les clins d’œil magnifiquement simples de la vie…

S’ÉMERVEILLER

La personne qui m’inspire le plus à travers cette thématique est ma grand-mère de 95 ans. On échange sur énormément de sujets, c’est une véritable amie pour moi. Cette maîtresse femme a fait de grandes choses dans sa vie tout en restant extrêmement jeune et elle a une capacité incroyable pour s’émerveiller. Elle s’amuse du fait qu’: « il y a des personnes de 20 ans qui sont déjà des vieux car blasés et trop prudents, et des personnes âgées pétillantes et pleines de vie car elles ont le pouvoir de se réjouir de tout et de se projeter dans l’avenir. » J’ai observé que lorsque j’avais des attentes trop élevées, j’étais souvent déçue. Par exemple, en partant en voyage. J’adore l’Italie et j’avais nourri beaucoup d’espoir avant de visiter la Sicile, cette île volcanique à l’histoire si riche. Finalement, ça a été mon voyage le moins réussi. En revanche, en lâchant prise, en ne préparant presque rien, en vivant les choses sans les avoir planifiées, sans me dire ce que je dois absolument visiter ou faire, ma capacité d’émerveillement est largement plus forte. J’ai de très jeunes enfants et je les vois s’émerveiller plusieurs fois par jour, les yeux écarquillés, surpris d’observer quelque chose de nouveau, de beau ou simplement de différent. C’est toujours très spontané, à des moments où l’on ne s’y attend pas forcément. J’ai conscience que, plus le temps passe, moins j’aurai la chance d’observer dans leurs yeux ce rapport merveilleux au réel. Mais peut-être est-ce aussi à moi de cultiver chez eux ce regard neuf, cette fraîcheur, pour qu’ils puissent perdurer au fil des années.

GRATITUDE

Bouddha disait : « Une journée sans gratitude est une journée perdue ». Même les événements les plus douloureux peuvent nous faire grandir et devenir meilleurs. L’une de mes amies a traversé une épreuve terrible et aujourd’hui, quand elle en reparle, elle me dit : « Ce qui est arrivé est arrivé, je l’admets maintenant. Et je réalise que j’ai beaucoup appris. Aujourd’hui, je suis plus forte et plus heureuse car ma capacité à me réjouir a été décuplée ». Je trouve ça magnifique. En vivant quelque chose qui ne semblait pas tolérable, elle a appris à savourer les bonheurs simples du quotidien. Pour ma part, j’apprends à dire merci. Le soir, avec mes enfants, nous avons un rituel : on allume une bougie et nous faisons une petite prière en suivant cette trame : « Merci. Pardon. S’il-vous-plaît ». Le “merci” des enfants peut être inattendu voir déconcertant : « Merci pour le dessert qui était très bon », mais le simple fait de chercher à se remémorer les moments joyeux de leur journée change leur vision de la vie. Le pardon a aussi un vrai sens. Un jour, j’ai senti quelque chose se débloquer lorsque j’ai demandé pardon à mes enfants : « Aujourd’hui, je me suis énervée contre vous et je n’aurais pas dû. J’ai eu une journée fatigante et compliquée, mais vous n’y êtes absolument pour rien ! ». J’ai senti un vrai soulagement dans leur regard. Parce qu’ils comprenaient non seulement qu’ils n’avaient rien à se reprocher, mais peut-être également que les adultes aussi sont vulnérables et peuvent commettre des erreurs ? Enfin, le “s’il-vous-plaît” n’a pas moins d’importance : il inspire espoir et rêve.

 

Sandrine Mignaux, 41 ans, est directrice France de la marque de bien-être et de cosmétiques Rituals. En dépit d’un agenda chargé avec de nombreux déplacements en France et à l’étranger, cette maman de deux jeunes enfants (un troisième naîtra cet été) et pratiquante assidue de yoga ashtanga s’accorde des moments de pause auprès des siens ou seule, pour se recentrer et puiser son énergie.

 

Propos recueillis par Nathalie Cohen et Aubry François

Portrait © Rituals – Tous droits réservés

Entretenir l’énergie de l’amour

Happinez : Quel constat pouvez-vous actuellement dresser sur l’état général du couple ?

Marc Balhassen : Le couple est en crise. Aujourd’hui, et ce depuis des décennies, le nombre de divorces ne cesse d’augmenter. 45% des mariages finissent par un divorce, soit quasiment un sur deux. Vivre à deux n’est pas une entreprise facile et les turbulences que traversent les couples sont inévitables. Ces dernières ne sont d’ailleurs pas la cause majeure des séparations bien qu’elles participent à l’émiettement des relations amoureuses. La difficulté grandissante de parvenir à une jouissance commune, partagée, en est la raison principale. Elle affecte l’équilibre du couple en amenant chaque partenaire à chercher des compensations narcissiques virtuelles. Il en résulte un appauvrissement de l’amour et du désir.

Happinez : Vous écrivez que nous n’avons plus aujourd’hui “l’énergie d’aimer”. Pour quelles raisons ?

Marc Balhassen : L’amour et le désir dans un couple ne sont pas des données immuables. Ils ne sont pourtant pas voués à disparaître avec le temps. L’amour ne va pas de soi. Il est pour cela nécessaire de l’entretenir et cela demande de l’énergie. Pour aimer, il faut donner. Cela se fait tout naturellement, me direz vous, surtout quand l’amour est réciproque. Mais aimer sans s’épuiser est presque impossible car l’amour en demande toujours plus. Chacun réclame en quelque sorte son dû, mais ça n’est jamais assez. Alors oui, l’amour, ça use et si l’on n’en prend pas soin, en re-dynamisant les dons réciproques, il risque de se mettre à dépérir parce qu’il en perd son âme qui n’est autre que l’autre, du moins partiellement. Partiellement car l’amour de soi subsiste souvent. Et puis il y a le monde virtuel, digital (sans oublier la télé), l’un des plus grands ennemis du couple, justement parce qu’il absorbe l’énergie de l’amour et du désir et la remplace par une nourriture narcissique incessante qui gratifie sans compter et sans discontinuer. Le couple, ainsi oublié, finit par se contenter d’un côte à côte nourri par un attachement de circonstance, pâle figure de l’amour.

Happinez : Auriez-vous quelques clés à nous offrir pour engager son couple dans une voie d’épanouissement ?

Marc Balhassen : Tout d’abord, il est indispensable que chaque membre du couple ait le désir de cheminer vers un bien-être commun et, pour ce faire, il faut en passer par des remises en cause réciproques pouvant aboutir à des consensus de vie fondés sur l’amour, le désir et l’épanouissement. Il faut éviter les rapports de force toxique où l’un des partenaires cherche clairement à dominer l’autre, quitte à engendrer encore plus de souffrance que celle déclenchée par l’amour. Communiquer sans se battre. Dialoguer explicitement sur ce qui ne va pas dans le couple, et pour chacun, est essentiel. Les problèmes de relations amoureuses ne se règlent pas par des passages à l’acte, mais par la parole. Accepter de ne pas être aimé comme on voudrait l’être car chacun aime à sa façon. C’est le travail psychique intérieur le plus difficile et le plus douloureux. Accepter les différences de l’autre et ne pas forcer son partenaire à être comme on voudrait qu’il soit et à faire à l’identique de soi. Tolérer que chacun s’épanouisse sans l’autre pour le plus grand bénéfice du couple. Vous en trouverez bien évidemment d’autres dans mon ouvrage.

 

Propos recueillis par Aubry François

 

 

 

 

 

Surmonter l’impossible pour une mère…

Le film Et je choisis de vivre raconte ce parcours plein de justesse et d’émotion. Sous l’œil de la caméra, les deux compagnons de marche partent à la rencontre de celles et ceux qui, comme Amande, ont perdu un enfant.

Ont notamment croisé leur chemin le psychiatre et psychothérapeute Christophe Fauré, spécialisé dans l’accompagnement des ruptures de vie, tel le deuil ; Nadette Galichet, femme vive et généreuse de 78 ans qui perdait son enfant il y a un demi-siècle et a soif de transmettre la manière dont elle s’en est sortie grâce à la foi, l’espoir et l’amour ; Armelle Six, qui a débuté un long cheminement intérieur suite à la perte de son fils, mais aussi la famille Clermont, père, mère et enfants, qui, suite au départ de leur fils et de leur frère Gaspard, ont dû réapprendre à vivre.

Ces rencontres précieuses et les moments de ressourcement passés dans une nature magnifique vont permettre à Amande de vivre pleinement son deuil, un processus qui n’a jamais de fin mais à travers lequel il est possible de trouver, un jour, un certain apaisement.

Au cinéma depuis le 5 juin.

 


Ce vendredi 28 juin, sauvons l’homéopathie !

Rendez-vous, vendredi prochain, à Paris à l’Esplanade des Invalides ou à Lyon place de la Comédie, de 10h30 à 14h.

Pour Paris : Esplanade des Invalides (entre les rues de l’Université, Saint-Dominique, de Constantine et l’avenue du maréchal Galliéni). Métro Invalides et Tour Maubourg (ligne 8) ou Assemblée Nationale (ligne 12).

Ces rassemblements se feront dans le calme et le respect des hommes et des lieux.

La pétition en ligne est toujours disponible  : www.monhomeomonchoix.fr

 

Tentative de bonheur n°2 : préserver ses rêves

Leur mystère vibre avec beauté dans l’entrelacement des arbres croissant. Mais combien de temps leurs rêves auront-ils la liberté de grandir ainsi ? L’artiste coréen Xooang Choi, pour qui le bonheur se situe entre l’imaginaire et notre monde tangible, a créé cette sculpture hyperréaliste teintée de tristesse pour dénoncer le régime de la Corée du Sud des années 70. La puissance métaphorique de l’œuvre illumine, dans les déambulations de ce fantasme végétal, l’âpreté du monde humain qui nous tourmente parfois.

Retrouvez l’œuvre de l’artiste Xooang Choi au fil de l’exposition “Tentatives de Bonheur”, jusqu’au 26 juillet au MAIF Social Club (37 rue de Turenne, 75003).

Pour en savoir plus :www.maifsocialclub.fr ; www.xooang.com

© Édouard Richard / MAIF