Article

Entretenir l’énergie de l’amour

Catégorie(s) : Art de vivre, Bien-être, Développement personnel, Le Coeur, Livres, Psychologie, Rencontres, Rituels, Sagesse & spiritualité

Spécialisé en psychothérapie de couple et familiale, le psychologue-psychanalyste Marc Belhassen vient de publier, aux éditions Larousse, L’énergie d’aimer, ouvrage dans quel il nous explique comment résoudre les inévitables difficultés rencontrées au fil d’une histoire amoureuse afin que la relation demeure un tremplin d’épanouissement personnel et commun.

Happinez : Quel constat pouvez-vous actuellement dresser sur l’état général du couple ?

Marc Balhassen : Le couple est en crise. Aujourd’hui, et ce depuis des décennies, le nombre de divorces ne cesse d’augmenter. 45% des mariages finissent par un divorce, soit quasiment un sur deux. Vivre à deux n’est pas une entreprise facile et les turbulences que traversent les couples sont inévitables. Ces dernières ne sont d’ailleurs pas la cause majeure des séparations bien qu’elles participent à l’émiettement des relations amoureuses. La difficulté grandissante de parvenir à une jouissance commune, partagée, en est la raison principale. Elle affecte l’équilibre du couple en amenant chaque partenaire à chercher des compensations narcissiques virtuelles. Il en résulte un appauvrissement de l’amour et du désir.

Happinez : Vous écrivez que nous n’avons plus aujourd’hui “l’énergie d’aimer”. Pour quelles raisons ?

Marc Balhassen : L’amour et le désir dans un couple ne sont pas des données immuables. Ils ne sont pourtant pas voués à disparaître avec le temps. L’amour ne va pas de soi. Il est pour cela nécessaire de l’entretenir et cela demande de l’énergie. Pour aimer, il faut donner. Cela se fait tout naturellement, me direz vous, surtout quand l’amour est réciproque. Mais aimer sans s’épuiser est presque impossible car l’amour en demande toujours plus. Chacun réclame en quelque sorte son dû, mais ça n’est jamais assez. Alors oui, l’amour, ça use et si l’on n’en prend pas soin, en re-dynamisant les dons réciproques, il risque de se mettre à dépérir parce qu’il en perd son âme qui n’est autre que l’autre, du moins partiellement. Partiellement car l’amour de soi subsiste souvent. Et puis il y a le monde virtuel, digital (sans oublier la télé), l’un des plus grands ennemis du couple, justement parce qu’il absorbe l’énergie de l’amour et du désir et la remplace par une nourriture narcissique incessante qui gratifie sans compter et sans discontinuer. Le couple, ainsi oublié, finit par se contenter d’un côte à côte nourri par un attachement de circonstance, pâle figure de l’amour.

Happinez : Auriez-vous quelques clés à nous offrir pour engager son couple dans une voie d’épanouissement ?

Marc Balhassen : Tout d’abord, il est indispensable que chaque membre du couple ait le désir de cheminer vers un bien-être commun et, pour ce faire, il faut en passer par des remises en cause réciproques pouvant aboutir à des consensus de vie fondés sur l’amour, le désir et l’épanouissement. Il faut éviter les rapports de force toxique où l’un des partenaires cherche clairement à dominer l’autre, quitte à engendrer encore plus de souffrance que celle déclenchée par l’amour. Communiquer sans se battre. Dialoguer explicitement sur ce qui ne va pas dans le couple, et pour chacun, est essentiel. Les problèmes de relations amoureuses ne se règlent pas par des passages à l’acte, mais par la parole. Accepter de ne pas être aimé comme on voudrait l’être car chacun aime à sa façon. C’est le travail psychique intérieur le plus difficile et le plus douloureux. Accepter les différences de l’autre et ne pas forcer son partenaire à être comme on voudrait qu’il soit et à faire à l’identique de soi. Tolérer que chacun s’épanouisse sans l’autre pour le plus grand bénéfice du couple. Vous en trouverez bien évidemment d’autres dans mon ouvrage.

 

Propos recueillis par Aubry François