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Zones bleues… Vivre longtemps et en bonne santé : les secrets

Catégorie(s) : Art de vivre, Bien-être, Développement personnel, Happi.Body, Livres, Philosophie, Rencontres, Rituels, Sagesse & spiritualité, Santé

Il existe des lieux, sur terre, où le temps semble s’absenter parfois, laissant un peu de répit à quelques chanceux… Non, ce ne sont pas les premiers mots d’une histoire merveilleuse ou d’un roman de science-fiction. Intrigué par cette réalité exceptionnelle, le médecin généraliste Vincent Valinducq a mené l’enquête, aux côtés de la chef de cuisine et naturopathe Angèle Ferreux-Maeght, une recherche passionnante que l’ouvrage Zones Bleues (First éditions, 2019) vous permettra de revivre avec le joyeux duo. Sans trop en révéler, Vincent Valinducq a tout de même accepté d’éclaircir pour nous un peu de ce mystère.

Happinez :  Qu’est-ce qu’une zone bleue et qu’a-t-elle de particulier ?

Vincent Valinducq : Une zone bleue est une zone où il existe une hyper concentration de nonagénaires et de centenaires en excellente santé. Le nom « zone bleue » viendrait du médecin et chercheur italien Gianni Pes qui s’est rendu compte du phénomène dans le village de Seulo, en Sardaigne. Un jour, il aurait colorié – en bleu (d’où le nom) – sur une carte du monde quatre autres zones connues pour cette particularité : Okinawa au Japon, Nicoya au Costa Rica, Ikaria en Grèce et Loma Linda en Californie. Il existe d’autres zones qui n’ont pas encore le label officiel « zone bleue » mais qui en seraient. Peut-être qu’Angèle et moi auront la chance de nous y aventurer. L’une des caractéristiques de ces régions est l’isolement et, pour certaines, c’est même le côté insulaire ce qui les auraient protégées des maladies, de la mondialisation et notamment de l’utilisation de pesticides.

Notre longévité ne dépend-elle pas, en majorité, de notre terrain génétique ?

Non, au contraire. Il semblerait que notre patrimoine génétique ne soit responsable de notre longévité qu’à hauteur de 20%. Les 80% restants se répartissent notamment entre l’alimentation, l’activité physique et le lien social, ce qu’on regroupe sous le terme « épigénétique ». En agissant quotidiennement et assez facilement sur ces trois piliers, nous pouvons tous devenir acteurs de notre santé et de notre longévité.

Votre rencontre avec ces personnes âgées à la santé remarquable vous a-t-elle permis de dégager quelques règles générales de vie à observer pour bien vieillir ?

Oui beaucoup !

En ce qui concerne l’alimentation, les centenaires que nous avons rencontrés mangent de façon plutôt monotone, et similaire à celle de leurs aïeux. Évidemment, nous ne voulons pas adopter ce régime-là. En revanche, consommer, comme eux, des produits locaux, bio et de saison, et cuisiner le plus possible à la maison est à notre portée !

Pour le lien social, nous pouvons, dans la mesure du possible, prendre exemple sur ces familles qui incluent leurs aînés au sein du foyer. Le fait de ne pas être isolé les maintient en forme.

Quant à l’activité physique, ces super-papis ne s’arrêtent jamais de bouger ! Mais pas de salles de sports ni d’entraînements intensifs. Dans les zones bleues, on bouge « utile ». Que ce soit pour garder les bêtes, cuisiner, s’occuper du potager ou des enfants, ils sont toujours en mouvement !

Y a-t-il un seuil à ne pas dépasser pour espérer prendre sa santé en main ? Comment aider des personnes vieillissantes qui pensent qu’il est trop tard ?

Heureusement que non. Il n’est jamais trop tard pour changer ses habitudes ou son mode de vie. Il est évident que plus on s’y met tôt plus les bénéfices sur l’avenir seront importants. Cependant, au-delà de l’investissement que vous pouvez faire sur votre capital longévité, il vous est possible de ressentir un bien-être immédiat en étant entouré de vos proches, la satisfaction d’avoir pratiqué une activité physique (via les hormones secrétées ou tout simplement la fierté d’avoir trouvé la motivation pour le faire), mais aussi par le plaisir simple de « bien » manger. Chacun de nous doit essayer de changer ses mauvaises habitudes. Arrêtons de penser que le bien vieillir n’est que contraintes ou interdits ; par exemple, on sait que rire dix à quinze minutes par jour apporte beaucoup de bienfaits (cela diminue le stress et se révèle bénéfique pour le système cardiovasculaire, etc.) et je ne vous parle même pas des trois rapports sexuels par semaine qui, eux aussi, contribueraient à une bonne santé.

Auriez-vous quelques outils, techniques ou habitudes de bien-être qui vous ont particulièrement marqués ? Si oui, lesquels ?

En effet, d’autres phénomènes m’ont marqué, bien qu’ils ne fassent pas partis de « piliers  » officiels des zones bleus : le fait d’éviter le stress, la spiritualité, la respiration, l’optimisme, la joie de vivre… Ces personnes ne manquent pas une occasion de chanter, de rigoler, de partager, de faire des blagues et même encore a cent ans, de s’émerveiller ! À méditer donc, ou à appliquer directement (sans modération !).

 

Propos recueillis par Aubry François

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