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S’inspirer de la jeunesse pour mieux vivre son écoanxiété

Catégorie(s) : Art de vivre, Nature, Philosophie, À découvrir, Développement personnel

La jeunesse est l’avenir de l’Homme, adage éculé qui prend aujourd’hui un tout autre sens. Alors que la nouvelle génération sera la première à souffrir du cadeau empoisonné laissé par ses ancêtres en matière d’environnement, elle sera peut-être celle qui sauvera le monde. Née avec la menace climatique, l’extinction des espèces et le souci de se préparer au Nouveau Monde, son arrivée dans les processus concrets de décision pourrait bien nous amener enfin à prendre les bonnes décisions…

Quand l’avenir s’assombrit trop, j’aime discuter d’écologie avec la nouvelle génération. Non pas que ces jeunes soient épargnés par l’écoanxiété, loin de là, mais leur appréhension de nos problèmes environnementaux, leur conscience écologique et leur implication croissante me font du bien.

Et me rendent plus optimiste.

Eux, ce sont les enfants de la génération Z, nés dans les années 2000, voir à la fin des années 90. Depuis leur plus jeune âge, depuis leur naissance en fait, ils baignent dans les effets présents et à venir du dérèglement climatique, la peur de la sixième extinction animale, la conscience du massacre de la biodiversité, et le développement d’écogestes toujours plus engagés.

À l’école, les cours d’EDD (Éducation au Développement Durable) s’invitent à tous les stades de leur scolarité. L’ambition globale, selon les textes du ministère de l’Éducation nationale, étant d’amener les élèves à une meilleure appréhension de la complexité du monde dans ses dimensions scientifiques, éthiques et civiques. De les aider à mieux percevoir l’interdépendance des sociétés humaines et du système Terre, à adopter des comportements adaptés à ces équilibres, et à tenir compte d’une indispensable solidarité à l’échelle mondiale. Un enseignement d’abord très didactique à l’école primaire qui devient de plus en plus transversal en accédant au collège, puis au lycée. Un programme scolaire ambitieux, en développement constant, qui passe par des cours engagés, des sorties et des jeux pédagogiques, et bien sûr par un profond engagement du corps enseignant. Certains établissements en font même une spécificité globale, leur tête de gondole, se fixant comme mission première la formation de futures adultes écoresponsables, de véritables fils et filles de Gaïa.

À la maison, en famille, ils apprennent dès leur plus jeune âge à trier les déchets, à fermer les robinets, à éteindre les lumières en sortant d’une pièce, à prêter attention à ce qu’ils mangent, à prendre soin du vivant. Et aussi à critiquer les mauvaises habitudes de leurs parents. Une seconde nature, pour eux. Une nouvelle manière d’être à laquelle ils adhèrent pleinement, sans aucun état d’âme, puisqu’elle fait partie intégrante de leur vie.

Sur leurs écrans, ils sont en permanence abreuvés d’informations sur la disparition des ours blancs, des abeilles, la prolifération des inondations, des sécheresses et sur la nécessité vitale de trouver un meilleur équilibre pour vivre en harmonie avec leur environnement, mais aussi sur celles et ceux qui, chacun dans leur domaine, chacun à leur manière, innovent et apportent leurs solutions pour un monde plus sain.

Cette révolution ne concerne pas encore l’ensemble de la jeunesse, bien sûr. Mais je me plais à croire que la part de nos têtes blondes touchée par notre situation alarmante grandit chaque jour davantage. Un constat réjouissant qui se confirme à chaque nouvel échange avec eux.

Une excellente nouvelle, à moyen terme.

Petit à petit, cette jeune génération va murir, grandir, s’affirmer et, bientôt, prendre les rênes de nos sociétés. Leur culture viscérale – quasi innée – de l’écologie les amènera dans le futur à prendre en considération des paramètres que nos générations plus anciennes réfutent, par peur, par déni ou par facilité. Ce changement de paradigme culturel, étape indispensable à une véritable mutation de notre rapport au monde, amènera cette jeune génération à faire preuve de davantage de discernement, à se montrer plus courageuse, et donc à prendre de meilleures décisions.

Plus engagées, plus radicales, plus efficaces.

Seul bémol à ce constat optimiste, le délai de prise de pouvoir. Leur avènement va encore demander des années, voire des décennies, le temps que les “vieux” acceptent de céder les responsabilités à ces jeunes qui auront pris de l’âge. Un précieux temps perdu avant de commencer à réellement changer le monde, mais les choses avancent, au moins de ce point de vue là, dans le bon sens.

La solution à nos problèmes résidant en grande partie dans notre capacité à changer fondamentalement notre rapport au monde, il se pourrait bien que cette (r)évolution structurelle finisse par faire une vraie différence.

Et, qui sait, un jour prochain, par tous nous sauver.

 

Pierre-Yves Touzot

 

Pierre-Yves Touzot est réalisateur, romancier et blogueur. Dans ses romans, il invite ses lecteurs à s’interroger sur leur rapport à l’environnement, à se reconnecter à la Nature, une étape indispensable pour lui vers la résolution de nos problèmes écologiques. Depuis plusieurs années, il construit à travers son blog une médiathèque de romans, d’essais, de bandes dessinées, de films, de documentaires, tous consacrés à cette thématique. Pour en savoir plus : www.ecopoetique.blogspot.com

Après le roman Presque libre, coup de cœur de la rédaction Happinez, publié aux éditions La Trace, Pierre-Yves a publié un nouveau roman en mai 2023, également coup de cœur de la rédaction, Mon dernier concert

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