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Se soigner au naturel, mais pas n’importe comment !

Catégorie(s) : À découvrir, Art de vivre, Bien-être, Développement personnel, Happi.Body, Nature, Rituels, Santé

Dans ce 21ème siècle déjà bien entamé, la dérive des activités humaines qui menacent notre monde en épuisant ses ressources, en polluant ou en détruisant de nombreuses régions nous ramène, presque instinctivement, vers la nature, avec un intérêt fort pour ses trésors de santé que nous ignorons souvent. Bon nombre de personnes désirent donc désormais pouvoir se soigner et renforcer leur immunité en évitant d’agresser leur corps et en respectant la planète. En ce sens, la naturopathie est toute désignée pour venir compléter notre médecine classique, dite “allopathique”. Reconnue comme médecine traditionnelle par l’OMS (Organisation mondiale de la Santé), en 2001, au même titre que la MTC (médecine traditionnelle chinoise) ou l’ayurvéda (médecine traditionnelle indienne), la naturopathie porte un regard global sur l’organisme humain afin de garantir l’équilibre durable de tous les éléments qui le composent. Les dimensions physique, émotionnelle et psychique, sont inclues au sein de cette démarche holistique qui ne se limite pas au traitement des symptômes mais s’attache surtout à définir la cause d’une maladie. Sans se lancer forcément dans une recherche plus approfondie, cette médecine non-conventionnelle et ses différentes branches (phytothérapie, aromathérapie, gemmothérapie, ou encore homéopathie) peuvent prévenir et guérir nos maux de tous les jours : rhumes, sinusites, insomnies, douleurs articulaires, brûlures, mycoses, abcès, constipation, règles douloureuses… Alors, se soigner naturellement, oui, bien sûr, mais pas n’importe comment ! Voici quelques petits rappels avant d’adopter définitivement la naturopathie.

On oppose généralement – et de manière absurde – la médecine allopathique (ou pharmaceutique) et les médecines naturelles. Saviez-vous pourtant que plus de la moitié de la pharmacopée moderne est issue des plantes ou de molécules existant dans l’environnement naturel, qu’elles soient extraites des plantes, ou bien reproduites par hémisynthèse ou synthèse complète chimique ?

Parmi les exemples les plus parlants, nous avons l’aspirine (ou acide acétylsalicylique), qui provient, à l’origine, du saule blanc et de la reine-des-prés, mais aussi la codéine et la morphine, alcaloïdes opiacés contenus dans toutes les variétés de pavot somnifère. Le monde vivant constitue ainsi une source inépuisable de molécules dont il ne faut pas sous-estimer le spectre d’application. Naturel ne signifiant pas « sans risques », il est malgré tout nécessaire de respecter les doses et les posologies de ces produits. D’une grande puissance, les huiles essentielles, bases de l’aromathérapie, peuvent être particulièrement toxiques lorsqu’elles sont mal employées. Ne serait-ce que la menthe poivrée : 50 gouttes, ingérées par voie orale, c’est-à-dire une demie-cuillère à café, suffisent pour vous expédier dans l’autre monde.

La qualité des produits

Très efficaces pour nous soigner au quotidien, les produits naturels sont de plus en plus recherchés et le marché explose. Face à cette demande exponentielle, difficile pour les producteurs de toujours allier qualité et quantité, et la réglementation, en pleine évolution depuis l’an dernier, n’arrange rien en classant certaines huiles dans la catégorie “compléments alimentaires”. Selon le docteur Françoise Couic-Marinier, spécialiste de l’aromathérapie, on vend actuellement davantage d’huiles qu’on en produit. Il n’est pas rare que des grossistes diluent des huiles essentielles pour obtenir un volume plus grand ou corrigent parfois les concentrations de certaines molécules par leurs analogues obtenues par synthèse chimique (opération appelée « rectification »), quand les conditions climatiques ou la période de récolte n’a pas permis d’obtenir une production satisfaisante. Ainsi ils peuvent artificiellement proposer des concentrations de molécules relativement constantes malgré les variations de qualité du « jus de base ». Sauf que ces molécules sont synthétisées à partir du pétrole et qu’elles n’ont pas exactement les mêmes propriétés et les mêmes toxicités. Par exemple, l’huile essentielle naturelle de citron contient du limonène et plus précisément du « D Limonène ». La présence de son homologue obtenue par synthèse, le « L Limonène », dans une huile essentielle de citron signifie qu’elle a été rectifiée, car celui-ci n’existe que sous forme de traces dans une huile essentielle naturelle de citron.

En résumé, on trouve du bon et du bien moins bon. On ne saurait comparer une huile essentielle trouvée au hasard d’une enseigne de hard-discount et une autre achetée en pharmacie. Point important : comme le vin et son terroir, une plante ne développe pas la même composition chimique, et donc les mêmes propriétés, selon la région dans laquelle elle est cultivée. Prenons la très recherchée Hélichryse italienne, qui pousse en Corse, avec des propriétés thérapeutiques connues pour contrer les hématomes, les contusions et les ecchymoses. La demande particulière du marché à l’égard de cette huile fait qu’on la cultive aussi désormais en Croatie, en Bulgarie et en Hongrie, pays choisis pour leur climat favorable à la croissance de la plante, où elle développe une composition chimique différente et des propriétés, cette fois, utiles à la sphère ORL. Sous une même appellation de plantes, on fait alors face à de multiples origines géographiques et à des différences de qualités et/ou de propriétés importantes. Mais qui pense à ces spécificités lorsqu’il se procure de l’huile essentielle d’Hélichryse italienne ? Uniquement les personnes informées. Comme vous, à partir de maintenant.

Informé et autonome

Vous souhaitez apprendre tout ce qu’il y a à savoir sur les extraits de plantes et la façon de les utiliser ? Bien sûr, vous pourriez développer des connaissances théoriques, voire pratiques, en lisant certains ouvrages ou en surfant sur de nombreux sites dédiés, mais serait-ce suffisant pour intégrer les bons gestes selon les situations parfois chaotiques de la vie ? Rien n’est moins sûr. C’est pourquoi le groupe associatif de protection sociale Alptis organise, dans toute la France, et tout au long de l’année, des ateliers-formations d’une journée qui complètent à merveille les informations que vous pouvez trouver sur Nature en tête, sa plateforme web consacrée aux médecines naturelles. Sur le sujet des huiles essentielles, par exemple, plutôt que de passer en revue les propriétés d’une dizaine d’huiles (que vous trouverez dans le livret de formation fourni ou sur le site internet), Nature en Tête choisit de consacrer le temps disponible  à vous apprendre à développer un mécanisme de raisonnement –  nommé “le mal a dit” – qui vous aide à constater et à comprendre ce qui se passe dans votre corps, quels sont vos symptômes, et à chercher ensuite quelles huiles seront appelées, à travers leurs propriétés, à vous soulager. Des activités pédagogiques rythment la formation et permettent de bien assimiler les notions théoriques, en les contextualisant et en les appliquant. Jeux, quiz et autres mises en situation vous entrainent à suivre le raisonnement qui vous amènera à faire les bons choix, en toute autonomie. Imaginez que votre enfant de 8 ans, qui vient de faire une chute à vélo, ait une écorchure et un bleu : quelles huiles essentielles peuvent le soulager ? Grâce à des activités ludiques, vous creusez et vérifiez les notions clés qui parachèveront votre apprentissage.

Une médecine d’humilité

Enfin, avant d’opter pour les médecines naturelles, gardez sans cesse à l’esprit que vous ne pourrez jamais vous substituer à un médecin et effectuer un diagnostic médical. La pratique nécessite humilité et lucidité. Cependant, il est primordial que, dans certaines situations relevant d’un mal bénin (type rhume), vous puissiez réagir dès l’apparition des premiers symptômes, gagner du temps en vous soulageant, voire en stoppant vous-même la maladie naissante, dans une logique de prévention – tout en ayant au préalable pris rendez-vous chez votre médecin. Si après deux jours de traitement, aucune amélioration ne se fait sentir, honorez le rendez-vous.  Une enquête organisée par Nature en Tête auprès de ses stagiaires a révélé que 30% d’entre eux avaient réduit le nombre de consultations chez leur médecin traitant. C’est un système qui peut par conséquent profiter à tous, si chacun se responsabilise et apprend à se soigner de façon autonome, en ne tombant pas dans les écueils cités tout au long de cet article. Le bénéfice individuel impacte aussi le collectif, en particulier l’équilibre financier de la sécurité sociale et des mutuelles.

 

Article écrit en collaboration avec Alptis et le site www.nature-en-tete.fr

 

Rendez-vous en février pour en apprendre plus sur l’aromathérapie !

 

© Jeremy Bishop – Unsplash