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Retrouvez le goût du voyage et de la quête intérieure dans le roman “Racines d’elles”

Catégorie(s) : Art de vivre, Bien-être, Développement personnel, Livres, Nature, Rencontres, Rituels, Sagesse & spiritualité

Après ces nombreux mois qui nous ont bouleversés, saurons-nous à nouveau faire nos valises, quitter l’ombre rassurante du connu pour ouvrir d’autres possibles horizons, pour accepter de vivre de nouvelles expériences, toujours enrichissantes ? Dans son livre, Racines d’elles, publié le 6 juillet par la maison d’édition KAplume qu’elle a fondée en 2019, Julie Desb nous raconte l’histoire de Rose, éditorialiste parisienne qui prend le pari de de tout quitter, à l’âge de 30 ans, pour s’envoler en Asie. À travers ce voyage à l’autre bout du monde mais surtout en elle-même, l’héroïne fera des rencontres décisives qui changeront sa vie et retrouvera ses racines les plus profondes. L’auteure, dont la plume enchantera votre lecture, vous offre ici quelques éléments essentiels autour de ce roman plein d’émotion, placé sous le signe de la spiritualité et de la quête intérieure.

Happinez : Le titre de votre livre Racines d’Elles est plutôt mystérieux. Pouvez-vous l’expliquer ?

Julie Desb : Je crois que notre force, en tant qu’être humain, est d’être constitué de racines solides, mais aussi d’une grande capacité à rêver, à bouger, à étendre nos ailes. Dans le monde actuel, très pragmatique, parfois contraignant, il est essentiel de s’offrir, à soi-même, ces ailes. Ce mot sonne comme une liberté. J’ai voulu jouer sur ces deux réalités, “racines” et “ailes”. Je crois que nous réinventons nos racines au fil de nos expériences grâce, notamment, aux ailes que nous nous offrons.

Le roman raconte l’histoire de plusieurs personnages dont deux femmes, Rose et Maria, qui sont les personnages principaux et la manière dont leurs vies respectives influencent celles des autres. L’amitié. L’amour. La filiation. L’expérience. La rencontre. La connaissance. La vérité. Tous ces thèmes sont au centre du roman, ainsi que celui de l’identité féminine, sujet qui me tient particulièrement à cœur et qui ne cesse d’animer notre société.

Associer “racines” et “elles” donnait au roman une empreinte résolument féminine, faisant ainsi écho à l’énergie d’introspection nécessaire à toute quête de soi. Nous vivons actuellement une période durant laquelle les événements nous forcent à regarder davantage vers notre intérieur que vers l’extérieur. L’énergie d’introspection est ainsi très abondante.

Le premier titre que j’avais imaginé n’était pas celui-ci. Puis, au cours de l’écriture, j’ai été guidée par la force de la nature et la merveilleuse intelligence des arbres. Il m’est alors apparu que ce titre Racines d’Elles, associé à cette couverture, était une évidence. Le résultat (et le début) de toute une aventure !

 

Qui est Maria et que va-t-elle apporter à Rose ?

Maria peut être considérée comme une héroïne. Lorsque j’ai débuté l’écriture de ce roman, seule Rose comptait. Puis je me suis vite rendu compte qu’il manquait une dimension au roman : une figure féminine plus âgée, pas forcément dans le sens de l’âge, mais du point de vue de la sagesse. Alors que je pensais faire aboutir mon roman, je me suis lancée dans la création de ce second personnage central, Maria, et l’ai développé.

Ce roman est arrivé dans ma vie lors d’un croisement entre la jeune femme idéaliste qui m’animait et la femme plus mature, la mère (je suis devenue maman au cours de l’écriture !) qui prenait doucement place. Maria représente cette sagesse, cette connaissance intuitive du monde, cette stabilité que Rose n’a pas, cet ancrage au cœur du réel, sous toutes ses formes. Le parcours de Maria a été jalonné d’épreuves et d’échecs, de rêves à abandonner, de nouvelles terres à conquérir. Elle a aussi vécu un terrible traumatisme. Maria vient ainsi apporter à Rose, en lui contant son histoire au fil des pages, la force de se laisser guider au cœur de l’inconnu, la confiance pleine et entière en ce que nous sommes, cette fameuse “espérance” que cherche tant Rose. Elle apportera aussi une dimension holistique à la quête de Rose, en lui ouvrant de nouvelles portes dans sa compréhension du monde. Mais comme toute relation repose sur un échange et un équilibre, Rose apportera également une chose essentielle à Maria… Que cette dernière cherche et attend depuis de nombreuses années…

 

À votre avis, pourquoi avons-nous besoin de vivre un voyage, parfois jusqu’à l’autre bout du monde, pour capter l’essentiel ?

Je crois que nous sommes parfois aveuglés par notre quotidien ou par des relations, des schémas relationnels que nous entretenons. La vie fonctionne en effet miroir. Laisser notre environnement se restreindre implique, à un moment donné, de prendre le risque de rétrécir également notre état d’esprit. Le voyage nous oblige à lâcher prise, à nous ouvrir pleinement vers l’inconnu et donc à nous ouvrir à nous-mêmes, ce qui nous reconnecte directement à notre vraie nature. La nature instinctive, la part de nous non réfléchie, spontanée, joyeuse. Je crois profondément que le voyage nous reconnecte à la joie. Lorsque vous voyagez, vous découvrez des lieux somptueux et surtout, nouveaux. Cela vous reconnecte intuitivement à l’essentiel. Or, sans cette connexion, nous nous éloignons du vivant qui est en nous. L’être humain est un être complet, il s’agit d’unir toutes les parties qui le constituent. Le voyage a ce pouvoir. Nous reconnecter à notre unité. Il nous oblige également à sortir de notre zone de confort et, en cela, il est terriblement apprenant. Rester dans sa zone de confort toute sa vie, c’est refuser d’évoluer et petit à petit, s’éloigner de la joie qui nous caractérise en tant qu’être vivant. Le voyage rend heureux.

Au cours de l’existence, il est important de maintenir un équilibre entre voyage et ancrage. L’Homme et la Femme ont cette chance, contrairement aux végétaux, de pouvoir s’épanouir à travers ces deux dimensions. On en revient ainsi aux ailes et aux racines…

 

Propos recueillis par Aubry François

Photographie : Artem Kovalev / Unsplash