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Quand une scientifique voyage dans l’autre monde…

Catégorie(s) : Art de vivre, Bien-être, Développement personnel, Livres, Rencontres, Rituels, Sagesse & spiritualité

Femme de science, puisqu’elle a exercé pendant quinze ans le métier d’ingénieure matériaux et manager dans le secteur de l’énergie nucléaire, Fabienne Raoul a vécu une expérience de mort imminente, un jour de février 2004, suite à un accident cardiaque. Dès lors, ses convictions rationnelles ont laissé place à une incroyable foi en l’invisible. Aujourd’hui thérapeute (de la sophrologie aux soins énergétiques), Fabienne a accepté de replonger, le temps d’une interview, dans cet épisode transformateur qui fait l’objet du livre Mon bref passage dans l’autre monde, publié l’année dernière aux Éditions Leduc.s. 

Que s’est-il passé le fameux jour où vous avez perdu connaissance après un malaise cardiaque ?

Fabienne Raoul : J’étais au travail, ce 10 février 2004. J’ai fait un malaise cardiaque durant lequel j’ai perdu connaissance subitement. Mes collègues m’ont vue tomber raide en arrière, ma tête a heurté violemment une table et le sol. Instantanément, je suis passée dans « un autre monde » de lumière, attendue par des silhouettes lumineuses d’hommes et de femmes (pas en matière organique comme nous), êtres de sagesse emplis d’amour. Je me suis dit, tout naturellement, que j’étais morte, mais c’était d’une grande douceur, comme une transition. Je n’avais pas peur. J’ai tout laissé derrière moi, cela n’avait pas d’importance. Ils étaient disposés en arc de cercle, face à moi. Un homme plus charismatique au centre. J’avais une confiance absolue en eux, même si je ne les connaissais pas. Je me trouvais dans un état de félicité, inconnu ici-bas. Je ressentais leur amour d’une intensité telle que je me sentais plus vivante que jamais. Et puis j’ai entendu une musique, merveilleuse, différente de tout ce que j’avais pu entendre sur terre. Plus belle que la musique classique. Très aérienne… céleste.

Et puis je suis retournée dans mon corps physique. Mille questions se bousculaient dans ma tête. Panique à bord, je ne comprenais pas ce que j’avais vécu. Mon cerveau gauche essayait de rationnaliser. J’oscillais entre la peur de devenir folle, d’avoir vécu une hallucination par manque d’oxygène au cerveau. Mais je savais que ce que j’ai vécu était vrai, plus vrai que notre réalité. Comment est-ce possible que dans cet état d’inconscience physique, ma conscience ait été plus aiguisée, plus présente et plus réelle que dans mon quotidien ? Et qui étaient ces êtres ?

J’ai pu mettre un mot sur cette expérience appelée expérience de mort imminente (EMI), que je qualifierai plutôt d’expérience de « Vie intense » puisque je me trouvais dans un état de félicité.

Diriez-vous que cet événement extraordinaire vous a séparé de la scientifique que vous étiez avant l’accident ?

Fabienne Raoul : Je vais vous donner une réponse de normand : oui et non ! Au tout début, et en bonne scientifique, j’ai cherché les réponses dans des livres sérieux, scientifiques et médicaux sur cette thématique, sur la mort. J’ai dévoré La vie après la vie du Dr. Raymond Moody, La Source noire du journaliste Patrice Van Eersel, La mort est un nouveau soleil de la psychiatre Elisabeth Kübler-Ross, pionnière dans l’accompagnement des patients en fin de vie… Ces lectures m’ont rassurée, apaisée. Des millions de personnes à travers le monde vivent ce genre d’expérience. Cela existe bien ! Un autre monde, peut-être même d’autres mondes, existent. Mais le quotidien vous ramène rapidement à la réalité vécue ici-bas. Par la société normative et restrictive dans laquelle on vit. J’avais peur d’être incomprise, d’être isolée, d’être rejetée. Je souhaitais que tout « rentre dans l’ordre », reprendre ma vie d’ingénieure comme si de rien n’était.
J’étais donc tiraillée entre ce que le système scolaire et mon éducation m’avaient appris et ce que j’avais expérimenté au plus profond de moi. Un vrai séisme dans ma maison matérialiste !

Or, la physique quantique explique que la matière n’est qu’une illusion, elle est en réalité une soupe d’énergie, de vibrations. J’ai étudié la physique quantique durant mes études d’ingénieure mais jamais on ne faisait le lien entre la physique quantique et la conscience. Ce que font aujourd’hui de nombreux chercheurs « visionnaires ».

Donc pour répondre encore plus précisément à la question : je suis toujours scientifique mais bien plus ouverte qu’avant où je ne croyais en rien (pas d’éducation religieuse / ni croyance spirituelle). Il m’aura fallu passer par la manière forte pour évoluer et ouvrir ma conscience à autre chose !

Comment l’invisible s’est-il ensuite manifesté dans votre vie ?

Fabienne Raoul : C’est comme si on avait ouvert une nouvelle porte dans ma conscience, un accès à une autre réalité. Et cette porte a décidé de ne pas se refermer puisque suite à cette expérience, des phénomènes irrationnels ont fait irruption dans ma vie. Des phénomènes que la science actuelle ne peut pas expliquer (intuitions, synchronicités, prémonitions, guérisons…).

Par exemple, je reçois des informations sur des personnes autour de moi, proches et moins proches. Cela ne passe pas par le mental. Pourtant, moi qui ai un mental fort, analytique, il faut y aller ! Je ressens les gens beaucoup plus qu’avant, je perçois des moments de leur vie sous forme d’images le jour, ou de rêves la nuit. Mais aussi leurs émotions. Leurs interactions. C’est comme si une peinture se dessinait sous mes yeux. Mes nuits ne sont pas reposantes, je vis une deuxième vie avec des scènes prémonitoires (je dis prémonitoire car cela est avéré dans le futur, des semaines ou mois après). Des synchronicités se manifestent, ces concordances d’évènements qui font sens pour la personne qui les reçoit, sans aucun lien de cause à effet. Ce terme est né des échanges entre Carl Gustav Jung et Wolfgang Pauli, prix Nobel de physique quantique en 1945. La matière et la psyché sont liés, sont en interaction. Par exemple, un an après mon EMI, j’ai enfin réussi à évoquer avec ma collègue ingénieure chimiste mon expérience, elle et elle m’a dit d’écrire à son grand-père, qui n’était autre que le Professeur Rémy Chauvin, biologiste et professeur émérite à la Sorbonne, dont je venais de lire le livre 15 jours avant, et dont je n’avais aucune connaissance du lien avec ma collègue (nom différent).

Quelle conséquence étonnante a eu sur vous cette expérience de mort imminente ?

Fabienne Raoul : Depuis mon expérience, ma connexion avec ce monde invisible s’est renforcée. Au point de savoir que finalement on ne contrôle pas grand-chose dans nos vies et qu’on gagnerait surtout à accepter l’aide de « là-haut ». Je l’ai expérimenté à deux reprises, plus tard. En 2007, lorsque j’ai été atteinte d’une maladie neurologique, et en 2008, lorsque je suis intervenue sur un motard crashé sur la route (je suis investie dans le secourisme depuis mon EMI). Dans ces deux cas, j’ai été aidée par « là-haut » dans un abandon à plus grand que moi. C’est là que j’ai réalisé que l’invisible guérissait. Mon EMI, ce choc émotionnel énorme, a créé une ouverture de conscience bien plus large et je laisse passer aujourd’hui ce qui doit passer pour la personne, lors des séances que je dispense. Ce n’est pas moi qui agis en réalité. Je pense que « là-haut » a besoin d’un support physique (mon corps) pour agir, transmettre dans la matière.

Pensez-vous pouvoir convaincre ceux qui n’y croient pas qu’une vie après la mort est possible ?

Fabienne Raoul : Non je ne peux pas convaincre. Car convaincre, c’est vouloir à tout prix assener avec force une position qui peut heurter, déranger. Je ne peux que relater, transmettre mes expériences, mettre à disposition l’information. Je dis aujourd’hui que j’ai la foi et non pas « je crois ». La foi vient de l’expérience intime, du cœur. Du vécu. La croyance vient de la tête, des pensées. Ce n’est pas la même chose. L’indicible, le mystérieux fait partie de nos vies. Il le fera toujours. Nous devons aussi accepter de ne pas avoir réponse à toutes les questions. Du moins, c’est mon cas. J’ai le sentiment de ne pas connaitre grand-chose au final. Notamment au pourquoi des évènements. Pourtant, tout a un sens. Tout s’imbrique. C’est le chemin de chaque être humain de croire ou de rejeter la possibilité d’une vie après la mort. Aujourd’hui, nous avons la chance d’avoir accès à l’information rapidement. De très bons films existent sur cette thématique : Faux-Départ de Sonia Barkallah et les deux films Et si la mort n’existait pas ?, ainsi que Et si la mort n’était qu’un passage ? de Valérie Seguin. À travers les nombreux témoignages de personnes confrontées à la mort, on peut se faire sa propre opinion sur cette question :  y-a-t-il une vie après la mort ? pour ma part, j’ai déjà la réponse… (sourire)

 

Propos recueillis par Aubry François

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