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Prenez soin de vous… Cultivez l’égoïsme sacré…

Catégorie(s) : À découvrir, À la une, Art de vivre, Développement personnel, Psychologie

Personne ne souhaite être égoïste, et surtout pas aux yeux des autres. Mais il existe aussi un certain type d’égoïsme, considéré comme bon, qui consiste à prendre soin de soi. Alors, comment le reconnaître ? Voici des questions à vous poser pour être certain de ne pas étouffer votre propre personne.
Extrait de Happinez 23 – rassembler

Question 1 : Ce que je fais a-t-il du sens ?
C’est naturellement la toute première question à se poser : que suis-je exactement en train de faire ? Regardez-vous dans un miroir imaginaire, ou à travers les yeux des autres. En réalité, le simple fait de vous poser la question traduit déjà la mise en route d’un processus spirituel : vous essayez d’agir consciemment. Mais faites toutefois attention à ne pas tomber dans le piège inverse, celui du “critique intérieur”, cette petite voix qui critique par définition tout ce que vous faites. Vous êtes chez une amie qui a organisé une petite fête, il est déjà tard et vous devez vous lever tôt le lendemain. Du coup, vous partez sans lui proposer de l’aider à ranger. Votre petite voix vous dira très certainement, sur un ton réprobateur : « Quel égoïsme que de la laisser ranger toute seule ! » Et quand bien même vous auriez proposé votre aide, votre petite voix aurait à nouveau trouvé le moyen de vous le reprocher : « Tu dois toujours jouer au bon Samaritain, et maintenant il est trop tard, imbécile. » Cette conscience intérieure ne manque jamais l’occasion de vous faire rougir de honte et de vous culpabiliser, en vous condamnant. Tout l’art consiste donc à adoucir votre regard et à vous défaire de tout jugement. Comment ? En prenant de la hauteur et en considérant la situation dans son ensemble, en tenant compte de tous ses aspects. Par exemple : il est tard, je suis la dernière, je veux rentrer chez moi. La maison est jonchée de verres vides, d’assiettes sales… Puis-je me permettre de rester encore un peu, le temps d’aider mon amie à ranger ? Non, je suis vraiment fatiguée. Et j’ai encore de la route pour rentrer chez moi, le temps que j’arrive, mon amie aura fini de tout nettoyer. Si je pars maintenant, nous finirons toutes les deux à la même heure dans notre lit. Conclusion : « Ma chérie, c’était vraiment super, je t’aurais bien proposé mon aide, mais je suis exténuée et j’ai encore de la route. Ça ne t’ennuie pas ? »

Question 2 : De quelle partie de moi provient cette impulsion ?
Introspection 2.0 : savoir ce que l’on veut, certes, mais aussi pourquoi. Vous pelez une poire en vue de la partager avec votre partenaire et vous vous dites que vous en prendriez volontiers le plus gros morceau. D’où vient cette pensée ? Avez-vous généralement tendance à en faire trop pour votre partenaire, ou du moins plus que vous ne le voudriez réellement, et faut-il y voir une sorte de compensation ? Peut-être est-ce le signe, subtil, que vous devriez faire davantage attention à vous. Avez-vous en permanence peur de manquer de quelque chose, car, enfant, vous étiez souvent laissé sur le carreau ? Essayez de trouver une manière de lâcher prise et de moins vous victimiser.
Nous avons tous plusieurs “moi” en nous et certains d’entre eux sont moins glorieux que d’autres. En d’autres termes, chaque facette positive de votre personnalité possède très certainement un revers moins reluisant. Si vous êtes perfectionniste, vous avez sûrement en vous une part de nonchalance. Si vous aimez aider votre prochain, il est plus que certain qu’un profiteur sommeille au fond de vous. Plus vous essayez d’être bon et altruiste, plus votre part d’ombre s’efface. Un égoïsme sain signifie également embrasser et accepter cette dernière. Vous ne pourrez apprendre à maîtriser que ce que vous accepterez. Tant que vous ignorerez et refoulerez vos impulsions les moins nobles, plus vous risquez de les voir un jour ou l’autre filtrer à travers les interstices.

Question 3 : Qu’en penserais-je si mon meilleur ami le faisait ?
Une excellente méthode pour savoir si vous n’êtes pas trop dur envers vous-même consiste à imaginer qu’un proche fasse une chose similaire et vous demande conseil. Imaginons qu’une amie ait gagné un stage de yoga dans un lieu enchanteur et vous invite à l’accompagner. Vous vous demandez si vous pouvez faire cela à votre famille. Les enfants ne sont jamais restés aussi longtemps chez leurs grands-parents, votre mari a beaucoup trop de travail pour être capable de tout assumer pendant une semaine. Imaginez qu’une amie vous pose cette même question, qu’elle vous demande si elle devrait accepter l’invitation. Il y a fort à parier que vous lui répondiez avec enthousiasme : « Mais bien sûr ! Ça te fera le plus grand bien ! Tu reviendras reposée et rechargée et tout le monde en profitera. » Pourriez-vous vous tenir ce même discours à vous-même ?
Vous pourriez naturellement aussi dire à votre amie, en considérant la situation dans son ensemble : « Hum ! Je ne sais pas. Réfléchis bien. Ton petit dernier va encore à la crèche, il a besoin de repères et ton aîné passe son brevet de natation cette semaine-là. Ton mari a une montagne de travail qui lui demande beaucoup de temps… Peut-être n’est-ce pas le meilleur moment pour t’évader. » Soyez vous-même votre meilleure amie, qui n’hésite pas à vous dire la vérité en face, mais qui vous aime le plus sincèrement du monde et souhaite que vous soyez heureuse.

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