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Plongez dans les arcanes de l’aromathérapie avec le chercheur Pierre Franchomme

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Sommité mondiale et véritable pionnier dans le domaine des huiles essentielles médicinales, Pierre Franchomme a posé les bases de la pharmacologie aromatique et a notamment découvert le Ravintsara, le Tea tree, l’Eucalyptus radié, l’Immortelle ou encore l’Inule odorante qui ont toutes une place de choix dans nos armoires à pharmacie.  Collaborateur d’organismes prestigieux comme l’Institut Pasteur de Paris, le CNRS ou encore la Faculté de médecine de Toulouse, le chercheur français participera, le 4 octobre prochain, au Grand Rex, à l’événement NATURE GUÉRISSEUSE pour enrichir encore la longue liste des extraordinaires secrets du Vivant et de notre Pachamama. Il nous propose aujourd’hui un article important pour tous ceux qui voudraient plonger dans les arcanes de l’aromathérapie ou qui douteraient encore de sa légitimité en tant que médecine.

L’aromathérapie, « qu’est-ce que c’est ? » me demande-t-on bien souvent, exception faite des lectrices de revues féminines ou de magazines de santé naturelle familiarisées avec ce terme.

Huiles essentielles, on connaît mieux, mais sans trop savoir ce que c’est vraiment !

Alors, quelques explications s’imposent.

L’aromathérapie est une discipline médicale et scientifique qui est basée sur l’utilisation des huiles essentielles. Elle a pris véritablement naissance en tant que science au 12ème siècle en France et plus précisément à la Faculté de médecine et de pharmacie de Montpellier, l’un des phares de la connaissance médicale au Moyen Âge. C’est à cette époque que nos pharmaciens et apothicaires ont été dénommés aromatherii (de aromatica désignant les épices), montrant l’importance des plantes aromatiques dans la pharmacopée de l’époque. Tombée peu à peu ensuite dans l’oubli, il faut attendre le 20ème siècle pour que l’aromathérapie soit redécouverte et approfondie comme une médecine à part entière.

On obtient les huiles essentielles en les extrayant par distillation à la vapeur d’eau de plantes dites ”aromatiques” car chargées d’essences localisées dans des petites poches microscopiques à la surface de certains de leurs organes : feuilles, fleurs, etc… Ces essences peuvent aussi être mélangées à des résines exsudant des écorces de certains arbres tropicaux comme, par exemple, les balsamiers.

Les huiles essentielles sont des ”substances naturelles complexes” selon la définition donnée par les instances européennes ; cela signifie qu’elles contiennent chacune un grand nombre de composés appelés par les biochimistes ”composés organiques volatils” que je qualifie en outre de ”biogènes”, car générés par la nature. Et ce sont ces composés qui sont dotés de propriétés médicinales très nombreuses et diverses.

De ce fait, l’aromathérapie peut être considérée comme une chimiothérapie naturelle – comme la phytothérapie d’ailleurs. Grâce à la riche biodiversité moléculaire des huiles essentielles, elle couvre un large éventail de problématiques de santé : infections, inflammations, dépressions nerveuses, douleurs, neurodégénérescence…

Si elle n’a rien à voir avec l’homéopathie, l’aromathérapie est conceptuellement et fondamentalement proche de l’allopathie, la médecine que l’on connaît tous et qui utilise les médicaments. Comme ces derniers, on fait appel aux huiles essentielles pour obtenir des effets contraires à ceux de la maladie à combattre ; d’où le fait que dans notre pharmacopée aromatique, nous avons principalement des ”anti-” : antibactériens, anti-inflammatoires, antidépresseurs, etc… Mais, au-delà de cette approche de médecine conventionnelle, l’aromathérapie permet d’agir également sur les causes ayant généré les maladies et non pas seulement sur les symptômes. En cela, l’aromathérapie fait aussi partie de la naturopathie.

Autre richesse de l’aromathérapie : la connaissance scientifique sur laquelle elle s’appuie. On compte à ce jour plus de 22 000 publications scientifiques sur les huiles essentielles. Et certaines sont d’ailleurs d’une grande actualité, en apportant des éléments tangibles pour la prise en charge de malades atteints de Covid-19. En résumé, certaines huiles essentielles peuvent aider à renforcer les défenses naturelles contre le coronavirus Sars-Cov-2 en activant les Natural Killers et les macrophages, à attaquer le coronavirus et éviter la surinfection bactérienne, et même à réduire ”l’orage inflammatoire” qui endommage les poumons et autres organes. Il s’agit d’huiles essentielles bien documentées telles que celles d‘Eucalyptus globulus, de laurier noble, de baies roses ou encore de lentisque pistachier. Ces publications sont disponibles sur demande par courriel auprès de Pierre Franchomme Lab : contact@pierrefranchomme-lab.com

Évidemment, une telle puissance d’action demande à ce que l’on sache bien utiliser les huiles essentielles. Comment bien les choisir ? bien les doser ? par quelles voies les prendre ? Il existe à ce sujet une littérature abondante pour traiter les maux du quotidien avec les huiles essentielles. Les bleus, les écorchures, les rhumes, les insomnies peuvent ainsi être facilement soignés à la maison. Pour les problématiques de santé plus sérieuses, j’insiste sur le fait que l’aromathérapie est une médecine à part entière pour laquelle il faut faire appel à des professionnels de santé compétents en la matière.

Disposer des bonnes informations sur les huiles essentielles est d’autant plus important que, comme tout produit actif, elles font l’objet de contre-indications. Celles-ci concernent notamment les jeunes enfants, les femmes enceintes et les personnes sous certaines médications (anticoagulants…) ou traitements (dialyse…).

Pour illustrer la remarquable efficacité des huiles essentielles, prenons une plante aromatique fabuleuse que tout le monde connaît :  la lavande officinale. C’est sans doute l’huile essentielle la plus célèbre et la plus courante dans le commerce. Aux doses physiologiques – attention cependant au mésusage par dosage excessif –, la lavande officinale est utile pour calmer les enfants agités, soigner une angine débutante ou encore induire un sommeil réparateur.

Elle doit ses nombreuses propriétés à sa composition chimique extraordinaire – environ 1000 molécules différentes ! – dont une des chefs de file est le lévo-linalol, à la fois antivirale, antibactérienne et antifongique, mais aussi antalgique, agissant sur les récepteurs de la douleur situés au niveau du système nerveux central (récepteurs NMDA) et anxiolytique via les récepteurs GABA… Ces précisions montrent au passage le haut niveau de recherche fondamentale sur les huiles essentielles, équivalent à celui des médicaments chimiques !

En conclusion, nul doute que l’aromathérapie soit une science médicale avec un grand avenir devant elle. Cela reste à construire dans le cadre d’une médecine intégrative, qui par exemple associe déjà avec succès une huile essentielle et un antibiotique à faible dose pour lutter contre les infections à bactéries multirésistantes. Je dirais que c’est un retour à la nature prometteur pour notre santé.

 

Pierre Franchomme

 

Visuel © Vero Photoart on Unsplash