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Les conseils santé de Dre. V. : Écouter la vie

Catégorie(s) : Art de vivre, Bien-être, Développement personnel, Nature, Non classé, Philosophie, Sagesse & spiritualité, Santé, Tribune

Chères lectrices, chers lecteurs, le monde m’échappe, alors je fuis dans les Bibles. Cheminant dans le Popol Vuh, celle des Mayas, je retrouve Huracan, divinité de l’éclair, de la lumière, ancêtre étymologique d’Ouragan. Le voilà qui crie « Terre ! » et la terre existe… je vous reparlerai de cet esprit merveilleux. Entre ciel et mer, les Fondateurs, dont le célèbre Serpent à Plumes, viennent à peine de créer l’humain, l’arbre, la liane.

Méprisant la liane, l’humain aime chanter les louanges de l’arbre, sa puissance, sa bienveillance… En vérité il voudrait être l’arbre, car en tout l’arbre domine. Il monte plus haut, plus longtemps, et dans une stabilité radicale : l’arbre ne change pas de place, ne questionne jamais la sienne, sagesse qui force le respect et la jalousie. Parfois l’humain s’approprie un arbre: voilà mon arbre, dit-il tranquillement, alors il le visite, le prend en photo, le touche, le présente à ses amis. Plusieurs noces entre humaines et arbres centenaires ont d’ailleurs récemment eu lieu. Ces anglo-saxonnes remuées par l’existence enfilent une robe blanche à dentelles, un voile, invitent leurs proches à la cérémonie, embrassent l’arbre silencieux, prennent son nom. Curieuses démarches, car enfin qu’en pense l’arbre ?

Compère docile et consentant dont le tronc semble fait pour ses bras, dont l’écorce semble appeler ses caresses, l’arbre est au service de l’humain, comme tout le vivant, règne après règne. Il soutient les balises des sentiers, dessine les allées, on peut y suspendre un hamac ou une corde, y habiter ou y mourir, il nous aide à respirer, son ombre est salutaire, la feuille qu’il perd inspire des chansons en mode mineur, son fruit, sa sève, son bois nourrissent, abritent, soignent. L’ours, lui, s’y gratte, sûr de ne pas le casser.

Comment vivre notre rapport aux éléments naturels autrement qu’en se les appropriant ? Comment écouter ces êtres qui nous accompagnent du berceau jusqu’à la tombe, à la ville comme à la campagne, du bois de nos meubles à celui de nos livres en passant par le cobalt de nos téléphones portables, le sucre de nos desserts, le coton de nos vêtements…

Chers lecteurs, chers lectrices, regardez autour de vous : une plante en pot vous appelle peut-être, de spirale à spirale (vos oreilles sont des spirales, j’en parlerai dans une prochaine chronique), approchez-vous d’elle en pensée, affutez un sens, n’importe lequel, concentrez-vous, respirez. Trouvez 24 questions (qui ne vous concernent pas), pas moins, pas plus, à poser à cette vie. Le contact est établi.

Bon rétablissement,

Dre V.

 

Lisa Diez est une chercheuse polyvalente, sorte d’artiste tout-terrain. Plasticienne, clown, autrice, formatrice, elle ausculte sans relâche le vivant, le sensible, l’invisible en inventant des formes qui les relient. Promenez-vous sur son site, toujours en construction, www.atelierdiez.com

Photographie : Hasmik Ghazaryan Olson / Unsplash