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Les bienfaits de la course méditative

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Quelle joie d’être en harmonie avec son corps, sa respiration et son environnement, des kilomètres durant : de plus en plus de gens découvrent que courir va au-delà de la simple activité physique et peut être une source d’épanouissement aussi efficace que la méditation.

Vous aimez vous entraîner, de la musique dans les oreilles et les yeux rivés sur votre cardio, en respectant un programme d’entraînement ? Vos performances s’amélioreront, mais pas nécessairement votre travail d’introspection. Pour cela, apprenez à courir de façon méditative.
Pour découvrir comment la course méditative fortifie le corps et l’esprit, il suffit d’écouter Sakyong Mipham Rinpoché. Ce maître spirituel tibétain spécialiste de la méditation a déjà participé à neuf marathons, avec un record personnel de 3 heures 05. Il a aussi écrit Courir comme on médite, éditions Trédaniel et organisé des ateliers sur le sujet à travers le monde.
Le grand nombre d’ultramarathoniens inscrits à son premier atelier l’a d’abord surpris, mais il a vite compris que c’était justement leur expérience de la course qui les y avait menés. « Quand on court, on finit forcément par entrevoir son propre esprit, explique Sakyong Mipham Rinpoché, le fait de prêter attention, non seulement à son corps, mais aussi à ce qui se joue au fond de soi, aide à donner le meilleur de soi-même, pendant l’entraînement et dans la vie. » Ainsi, la course n’est plus un simple sport, mais devient un voyage de découverte et de développement personnel, car elle aboutit à une meilleure appréciation de soi et de la vie qu’on mène.

Canaliser son attention dans une direction
Alors, comment courir de façon méditative ? Benjamin Romkes, athlète et bouddhiste, s’assied toujours sur son coussin de méditation avant de partir courir le matin : « Après ça, je m’y mets presque sans effort, car je suis dans le flow. C’est différent quand on enfile juste ses baskets et qu’on se met à courir sans transition : on a plus de mal à trouver le bon rythme, on est distrait et il y a plus de chances de rentrer en se demandant où on a bien pu aller ! »
Courir en méditant, c’est résister au tourbillon des pensées en canalisant son attention dans une direction précise. C’est une façon d’exercer ses muscles physiques, mais aussi ses muscles mentaux. Comme pendant une méditation classique, on choisit un point de référence vers lequel on pourra retourner son attention chaque fois qu’elle fléchit : cela peut être la respiration, la symétrie du mouvement des bras et des jambes, ou simplement les bruits autour de soi. « Essayez par exemple de prêter attention à la façon dont le vent siffle à vos oreilles, conseille Benjamin Romkes. Grâce à la course méditative, vous aurez une plus grande conscience de votre environnement et de vos sens, une meilleure capacité de concentration, et vous apprendrez à mieux vous connaître. Courir peut être merveilleusement relaxant, mais courir en méditation rend aussi plus clairvoyant : observez ce qui se passe en vous lorsque votre petite voix intérieure vous demande de vous arrêter, ou lorsqu’il se met à pleuvoir. Méditer va vous préserver contre les petites irritations inévitables et vous permettre de ne pas ruminer sans fin : dans cet état d’esprit, la pluie fait juste partie du jeu. »

Un corps fait pour bouger
Certes, un exercice de pleine conscience ne nécessite pas obligatoirement une paire de baskets, mais les deux vont très bien ensemble. Comme le dit Sakyong Mipham Rinpoché, l’esprit a besoin d’immobilité, le corps de mouvement. « Nous sommes faits pour bouger, explique Benjamin Romkes, et la méditation en courant ne va pas juste enrichir notre pratique de la course ; elle va aussi enrichir notre vie tout entière : on est plus présent et on a moins tendance à passer en pilote automatique. On améliore l’ordinaire ! »
Et pas besoin de grand-chose pour ça : enfilez vos baskets et allez-y. Mais surtout, conseillent les coureurs méditatifs, laissez votre musique à la maison, car elle a tendance à donner un tempo qui masque votre rythme naturel et vos sens. Sakyong Mipham Rinpoché explique : « La musique est une façon d’engourdir l’esprit jusqu’à ce que le corps ait fini de courir. Elle apporte peut-être motivation et énergie, mais elle risque aussi de vous distraire. »
Alors profitez de la vue, sentez le vent sur votre peau et la façon dont vos pieds entrent en contact avec le sol, et vous parviendrez à rester dans l’instant présent. Après un jogging, tout comme après une séance de méditation, vous ne vous sentirez probablement pas tout de suite plus inspiré, nous rappelle Sakypong Mipham Rinpoché, mais votre sentiment de bien-être aura certainement augmenté.

Photo : Joao Ferreira/Unsplash

Pour aller plus loin :
* Courir comme on médite, Sakyong MIPHAM, éditions Trédaniel