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Et si la mort n’était qu’un passage ?

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Les tournants d’une vie sont parfois vertigineux. Après une carrière dans la finance et le conseil en entreprise, Valérie Seguin est devenue auteure et réalisatrice de documentaires sur le thème de la vie après la mort. Pourquoi ce virage ? Alors que le deuxième épisode de sa trilogie Et si la mort est désormais disponible sur la plateforme www.vimeo.com/ondemand/etsilamort, Valérie Seguin nous raconte les origines de cet intérêt particulier et de ces questionnements fondamentaux, partagés désormais avec de plus en plus de scientifiques.

Happinez : Où prend source votre intérêt pour le sujet de la vie après la mort ?

Valérie Seguin : Plusieurs phénomènes paranormaux se sont produits juste avant et après le décès de mon père, il y cinq ans, et m’ont conduite à enquêter sur ce sujet. Je précise que je n’ai aucun don paranormal ou médiumnique et que je viens d’un monde très rationnel. Enfant, j’ai été élevée dans l’athéisme avec cette idée forte « il n’y a rien après la mort » et je baignais depuis 20 ans dans un univers professionnel totalement cartésien. Tout de suite, j’ai cherché à comprendre ces phénomènes et me suis alors intéressée aux expériences aux frontières de la mort, aux études scientifiques menées sur les NDE (Near Death Experiences) ou EMI, c’est-à-dire les personnes qui décèdent avant d’être ranimées. J’ai, en quelque sorte, « enquêté », interviewé des experts, puis témoigné de cette recherche et de ce que j’ai vécu dans le livre Les trois jours et demi après la mort de mon père (éditions Leduc.s Poche, août 2019). J’ai voulu également poursuivre avec un film afin de donner la parole à ces chercheurs convaincus que nous avons suffisamment de preuves pour déclarer qu’il existe une vie après la mort. C’est un vrai débat scientifique méconnu du grand public que nous avons présenté l’année dernière dans Et si la mort n’existait pas (+ de 1,4 millions de vues sur Youtube). Et si la mort n’était qu’un passage, deuxième épisode aujourd’hui disponible, apporte aux personnes angoissées par la mort les précieuses indications des expériences aux frontières de la mort pour nous préparer si, en effet, il existe une autre vie après la disparition de notre corps physique. Cela contribue à appréhender sereinement notre fin de vie.

 

Happinez :  Quel phénomène les personnels hospitaliers en soins palliatifs ont-ils souvent observé ?

Valérie Seguin : Ils ont constaté que de nombreuses personnes en fin de vie « voient » des proches précédemment décédés, quelques heures ou quelques jours avant de mourir. Seuls les mourants ont ces visions. Mon propre père m’a dit, la veille de son décès : « J’ai vu ma mère, là devant moi. Je suis sûr de ce que j’ai vu, je ne rêvais pas, je regardais les infos à la télévision et elle est apparue. » Sa mère était décédée depuis plus de vingt ans. Il n’a pas osé parler de cette vision au personnel soignant, de peur de passer pour un illuminé. Je me suis entretenue, par la suite, avec le chef de service de son unité de soins palliatifs, qui m’a dit : « C’est hyper fréquent, j’ai même des patients qui tendent la main pour tenter de toucher ce qu’ils voient. » Pourtant ce phénomène est peu connu et c’est dommage, mon père en a été extrêmement troublé, d’autant plus qu’il était farouchement athée, très fermé à l’idée d’une réalité autre que celle de notre vie terrestre. Ma grand-mère a aussi vécu ce phénomène juste avant son décès. Un jour que je lui rendais visite, elle m’a parlé de visions de ce genre alors qu’elle n’était pas mourante. Cela m’a interpelée puisque ces visions sont annonciatrices d’une fin très proche. Je suis retournée la voir le lendemain, de peur qu’elle décède rapidement. Ce fut le cas, elle est « partie » quelques heures après.

 

Happinez :  À votre avis, sera-t-il un jour possible de prouver scientifiquement la réalité de notre survivance post-mortem ?

Valérie Seguin : Oui, je le pense, notamment à travers la médiumnité, cette capacité à communiquer avec des défunts. Elle fait désormais l’objet d’études scientifiques. Aux États-Unis, le Windbridge Institute s’est spécialisé dans l’étude des médiums. Ils ont créé des protocoles pour éviter toute tricherie. Le médium ne rencontre jamais la personne qui vient consulter (elles sont dans des pièces différentes). On ne lui indique que le prénom du défunt et avec cette unique donnée, il doit fournir au minimum quatre ou cinq informations très précises : apparence physique du défunt, circonstances de la mort, activités professionnelles ou personnelles, personnalité, etc. Pour avoir assisté à plusieurs séances de médiumnité dans des salles de plus de 100 personnes, je reconnais que c’est très impressionnant. Certains médiums travaillent sans photo, ce sont les défunts des personnes présentes dans la salle qui viennent parler à leurs proches à travers le medium. J’espère que ces études se feront aussi en Europe, afin qu’on puisse avancer sérieusement sur ce sujet. La question de la vie après la mort est essentielle pour tout être humain.

 

Happinez :  S’il y avait une seule chose à faire pour bien se préparer à la mort, quelle serait-elle ?

Valérie Seguin : Accepter que sa vie prenne fin et être en paix avec ce que l’on a vécu. Cela signifie que l’on devrait réfléchir, bien avant notre départ, à la vie que l’on souhaite mener, à la personne qu’on a envie d’être et à ce qu’on a envie d’accomplir, afin de minimiser les regrets au seuil de la mort. Préparer son départ rend également les choses plus simples pour ceux qui restent. S’efforcer d’avoir des rapports apaisés avec notre entourage. Oser dire « je t’aime », « merci », exprimer ce qu’on a à transmettre. L’approche de la mort est aussi l’occasion de renouer certaines relations afin d’éventuellement demander pardon ou pardonner à quelqu’un. On peut aussi écrire une lettre ou des mots à ceux qui restent ; il est souvent plus facile d’écrire que de parler, notamment de ses sentiments. On peut demander l’aide d’une tierce personne pour aider à rédiger de tels textes. À la fin, c’est vraiment l’amour qu’on a donné et reçu qui compte !

 

Happinez :  Et après la mort, peut-on appréhender différemment le deuil ?

Valérie Seguin : Lorsqu’on vient de perdre quelqu’un, on a tendance à ne penser qu’à soi et à son chagrin. Si, en effet, la mort n’est qu’un passage vers une autre réalité, cela signifie que c’est aussi un bouleversement pour le défunt. Il doit accepter son nouvel état ainsi que sa séparation avec ses proches et tout ce qu’il laisse derrière lui sur Terre. Et d’après les contacts médiumniques, il semble que les proches vivants peuvent aider « l’âme » dans son nouveau monde. Nous serions énergétiquement liés à nos défunts et nous pouvons leur envoyer des pensées positives, des pensées d’amour afin de les aider à s’élever. Il y a un exemple concret dans le film Et si la mort n’était qu’un passage : lors de la séance de médiumnité publique, une mère défunte dit à sa fille par l’intermédiaire de la médium : « je t’aime, arrête de t’en vouloir, ça me retient ». Nos émotions négatives semblent avoir un impact sur nos défunts. En revanche, nos pensées d’amour seraient précieuses pour eux.

 

Propos recueillis par Aubry François

© Josh Hild / Unsplash

 

Une projection débat du film Et si la mort n’était qu’un passage est organisée, le dimanche 24 novembre, à 10h30, au cinéma Le Balzac (1, rue Balzac, Paris 8). Elle sera suivie d’un échange avec deux des intervenants du film : le cancérologue Patrick Boufette et la médium Dominique Vallée. Inscription obligatoire : www.weezevent.com/projection-film-et-si-la-mort-n-etait-qu-un-passage

Pour revoir le premier épisode :  https://youtu.be/HpsJ4o5C4Hg