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Cyrielle Hariel : Le prêteur d’espoirs

Catégorie(s) : Tribune

Prix Nobel de la paix et créateur du microcrédit, le Pr Yunus souhaite aller vers un nouveau modèle économique, plus solidaire et plus innovant. À la fin des années 1970, le Pr Muhammad Yunus, économiste bangladais, a voulu rendre accessible le crédit aux plus démunis. Il a alors prêté une petite somme d’argent aux populations vulnérables.

C’est ainsi qu’il a créé le microcrédit et fondé la Grameen Bank (banque des villages) en 1976, dans son pays natal. Grâce à cette aide, des millions de familles qui n’avaient pas accès au système bancaire classique, notamment en milieu rural, ont pu développer, par exemple, une activité artisanale. Encore aujourd’hui, plus de 90 % des emprunteurs dans le monde sont des femmes. Leur point commun ? Une motivation inébranlable à prendre leur vie en main pour améliorer leur quotidien et celui de leurs enfants. Le Pr Yunus est convaincu que l’être humain a le choix de développer ses capacités créatives, et donc d’innover et de devenir entrepreneur, tout en optant pour des solutions sociales, humanitaires et écologiques. Et sa pensée va plus loin : pour lui, le salariat n’est plus une fin en soi, une autre économie est possible, plus épanouissante. Ce nouveau modèle économique, appelé “social business” (ou entrepreneuriat social) serait une réelle alternative au capitalisme et l’une des solutions pour rendre le monde meilleur. Et quand on lui demande quel dirigeant d’entreprise en France a opté pour ce type d’économie, il répond avec fierté Emmanuel Faber, PDG de Danone et créateur du fonds solidaire Danone Communities, incubateur de microentreprises dans les pays en voie de développement.

Depuis quelques années, Muhammad Yunus, surnommé le “banquier des pauvres” ou “le prêteur d’espoirs”, entend encourager cette économie solidaire et veut faire passer son message aux jeunes générations. Sur la scène du forum international Convergences à Paris en septembre dernier, lors de la soirée “Youth we can”, il a pris la parole devant un parterre de jeunes en leur disant qu’ils avaient de la chance. La chance d’être déjà conscients des inégalités, la chance d’avoir le choix et de pouvoir agir. En optant pour le social business, ils peuvent devenir les acteurs d’un monde plus juste et sortir des personnes de la pauvreté.

Âgé de 78 ans, ce prix Nobel de la paix (depuis 2006) continue de semer des graines d’espoir partout où il va. Il insuffle un vent d’optimisme en affirmant que chaque individu peut agir à son échelle. Un peu ce que disait Gandhi, ou même Michael Jackson dans son titre Man in the mirror il y a plus de 30 ans. Car avoir foi en l’innovation, en l’humain, croire aux bénéfices de l’altruisme et opter pour une économie solidaire, c’est une aspiration qu’il est bon de maintenir pour notre avenir à tous !

 

Cyrielle Hariel est journaliste pour Yahoo Green et Ushuaïa TV. Elle est également auteure de l’ouvrage Faire battre le cœur du mondeaux éditions Les Liens qui libèrent.

© Photographie Emmanuel Vivier