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Conversations avec l’au-delà… Chacun de nous serait un medium

Catégorie(s) : À découvrir, À la une, Art de vivre, Développement personnel, Sagesse & spiritualité

Communiquer avec des défunts, des guides, ou encore un moi supérieur : tel est le lot quotidien de la plupart des médiums. D’aucuns affirment même que nous en serions théoriquement tous capables. Est-ce vraiment le cas ? Et comment savoir si les messages que reçoit un médium sont réellement fiables ?

La dernière fois que Lauretta a parlé à son grand-père, c’était au téléphone et elle s’était énervée, lui raccrochant le combiné au nez. « Il est décédé peu après cette discussion », confie Lauretta. Elle est donc allée consulter la médium Marisa pour le recontacter. Et, à sa plus grande surprise, il s’est manifesté… « J’avais vraiment l’impression que mon papy se tenait à côté de moi. Les informations transmises par Marisa à son sujet étaient claires et précises. Elle m’a raconté certaines choses que j’ignorais totalement de lui, et que ma mère m’a confirmées par la suite. À la fin de la séance, mon grand-père avait encore un message pour moi : “Sache que tu n’es pas seule, même si parfois la chaleur d’un bras sur ton épaule te manque.” Cela m’a profondément réconfortée. J’étais touchée au plus profond de mon âme. »
Ilona a consulté la médium Janneke. « Lorsque mon amie Yvonne est décédée, j’ai réalisé que je n’avais jamais vraiment pu la remercier pour tout ce qu’elle avait fait pour moi. Janneke m’a parlé de détails qu’elle ne pouvait pas connaître, mais qui collaient tout à fait à Yvonne. Elle m’a ainsi dit qu’Yvonne gardait, elle aussi, dans son cœur son amitié avec moi, et j’ai pu lui dire merci. J’ai parfois l’impression qu’elle est présente à mes côtés. Et ce fut encore plus fort lors de cette consultation : Janneke a décelé en moi un début de burn-out. Je lui ai parlé d’un drôle de rêve que j’avais fait, où j’étais enfermée dans un garage obscur, sans pouvoir en sortir. Janneke m’a expliqué que je me trouvais actuellement dans cette situation, que je devais demander de l’aide. Elle m’a encouragée à prendre ce rêve au sérieux. »
« Ce fut extraordinaire, raconte Usmar, venu chez Janneke pour contacter sa défunte épouse. Ma femme est morte d’un cancer et les derniers mois ont été particulièrement difficiles. Elle avait aussi très peur de la mort, sauf vers la fin. Je me suis occupé d’elle et elle a pu m’en remercier par l’entremise de Janneke. Mais je suis surtout heureux d’avoir appris qu’elle était partie sereine et sans crainte. »
Ce ne sont là que quelques-uns des nombreux témoignages enthousiastes de personnes qui ont rendu visite à un médium. Les médiums peuvent nous permettre d’entrer en contact avec des êtres chers disparus et d’exprimer des choses importantes qui n’avaient jamais pu être dites. Ils peuvent aussi nous aider à mieux comprendre certaines relations et nous conseiller sur notre travail et notre santé. Leur “secret” ? Ils sentent, voient ou entendent davantage que le commun des mortels. Mais tout cela est-il réellement vrai ? Peut-on réellement y croire ? Ou est-ce seulement le fruit de l’imagination ? Et, en admettant que ce soit vrai, y a-t-il des risques à consulter un médium ?

Que peut dire ou ne pas dire un médium ?
Jadis, les médiums étaient souvent des personnages énigmatiques autour desquels planait une atmosphère de crédulité et de tromperie. « Les générations passées de médiums devaient travailler dans des arrière-boutiques, mais cette époque est heureusement révolue, se réjouit Marisa. Ce n’est que depuis une demi-dizaine d’années que cette activité est acceptée. » Le métier de médium commence progressivement à se “normaliser”, et des instituts de formation se créent. Marisa enseigne la médiumnité au MediumCollege, qu’elle a elle-même fondé il y a trois ans aux Pays-Bas. Elle est également à l’origine de la Fondation Enigma, qui délivre des certificats aux médiums qui passent le test avec succès. Avec son collègue médium Jacky, elle a coécrit un livre intitulé Suis-je réellement un médium ? Médiumnité : du don au métier, non traduit en français, dans lequel elle aborde tous les aspects de la discipline. L’éthique joue pour eux un rôle de premier plan. Que peut dire ou ne pas dire un médium ? Selon Jacky, « si quelqu’un vous demande par exemple comment se porte son mariage, vous pouvez tout au plus éclairer la situation. Car si vous dites que la personne ferait mieux d’y mettre un terme, que c’est sans issue, vous la privez de ses propres leçons de vie. Si une femme vous demande si son mari la trompe, vous ne devez pas vous en mêler en tant que médium. Personnellement, je réponds : “Lui avez-vous posé la question ?” Les gens ne peuvent pas non plus demander des choses sur leurs enfants majeurs. S’ils ont plus de 18 ans, vous devez leur en demander l’autorisation. Il existe ainsi une multitude de normes et de règles que les médiums doivent respecter. »
Prédire l’avenir est un sujet sensible. En Angleterre, la loi l’interdit même. La plupart des médiums s’entendent pour dire qu’il est de toute façon insensé de faire une prédiction sur plus de sept ans. Car le futur n’est pas du tout figé. Passer tout son temps chez le médium n’est de toute façon pas non plus une bonne idée. Vous devenez dépendant de son autorité, alors que l’objectif est justement que vous vous renforciez personnellement. Une bonne consultation vous apporte normalement suffisamment de force pour pouvoir tenir plusieurs années.

Médiumnité, un don inné ou apprenable ?
Si cette discipline devient donc de plus en plus sérieuse, officielle et encadrée, il n’en reste pas moins que tout reste une affaire de sensations. Car c’est avec leur sensibilité, hyperdéveloppée, que travaillent les médiums. Une telle formation vise avant tout à affiner et à développer ce
“sixième sens”. Selon Janneke, la clé de tout médium consiste à sortir de sa tête pour atteindre les émotions. Mais un autre ingrédient essentiel est l’imagination. « Des exemples ? Comment ça, des exemples ? ajoute-t-elle spontanément. Cela signifie-t-il qu’un médium doit tout inventer ? Le fait est que, sans imagination, vous n’irez pas très loin. L’imagination consiste à créer des possibilités. Et, dans ce cas-ci, la possibilité doit être créée pour pouvoir passer à un autre monde. » Mais alors, comment savoir si une rencontre avec un défunt est bien réelle ? « En apportant des preuves, poursuit Janneke. De préférence les plus concrètes possibles. Sur le caractère du défunt, la façon dont il est décédé, ses loisirs, des souvenirs partagés. Vous faites ainsi clairement comprendre que la personne est vraiment là. »

Comment contacter l’au-delà ?
“Médiumnité mentale” est l’appellation officielle de cette recherche du contact avec les morts.
« D’innombrables êtres du monde spirituel ont besoin de contact avec leurs proches, avance José. Pour leur dire qu’ils sont bien arrivés, qu’ils nous aiment, qu’ils veillent sur nous, nous soutiennent et savent ce que nous traversons. »
Les médiums mentaux peuvent aussi parfois communiquer avec des guides de l’autre monde, des “maîtres” ou des anges. Comment cela fonctionne-t-il ? Pour cela, ils disent élever leur énergie à une fréquence supérieure et les guides baissent légèrement la leur, ainsi la connexion peut-elle s’établir. Les morts et guides ne peuvent communiquer qu’à l’aide des images et du vocabulaire dont dispose le médium. Ce dernier doit donc parvenir à traduire les images que lui transmet un mort ou un guide. Elles sont parfois très littérales, mais peuvent aussi être symboliques. Selon Marisa, notre monde manque de médiums. « En tant que tel, vous travaillez avec votre propre cadre de référence : ce que vous savez, ce que vous avez vous-même vu ou fait, votre humeur. Le défunt utilise tout cela pour se faire connaître. Mais si un défunt me transmet des formules chimiques, je ne serai pas en mesure de les identifier, car je ne suis pas experte en chimie. Donc, plus il y aura de médiums, plus il y aura d’âmes susceptibles d’être identifiées. »

Un médium peut-il aussi aider par rapport au moment présent ?
Il existe un autre type de médiumnité dite psychique, qui s’intéresse plutôt aux énergies présentes dans ce monde. Les médiums psychiques peuvent vous en apprendre beaucoup sur vous-même. « Les âmes que nous sommes arrivent sur Terre avec un plan bien précis, défend Janneke, et le “truc” consiste à suivre au mieux ce plan. Cela peut être extrêmement varié, comme apprendre à gérer les déceptions, par exemple. Vous pouvez aussi être sur Terre pour apprendre à continuer à aimer les gens, quoi qu’il arrive. Vous avez alors peut-être de nombreux problèmes relationnels et cherchez inconsciemment à en tirer les enseignements. » Lors des consultations, Janneke invite les personnes qui le souhaitent à piocher deux rubans dans un grand panier, en choisissant le premier les yeux ouverts et le second les yeux fermés. « La première couleur représente votre face terrestre, votre personnalité. La deuxième symbolise l’âme qui parle. Vous placez ensuite ces deux rubans côte à côte, et je commence à ressentir les choses. Êtes-vous sur la bonne voie ? Qu’est-ce qui vous retient ? Je perçois ce qui entrave sans cesse la voie de quelqu’un et ce que l’on attend de lui ou d’elle, à un niveau profond. Je remarque que souvent les gens sont profondément touchés par cela. Je reçois parfois des personnes dont la personnalité est fortement présente, mais dont l’âme est totalement refoulée. Elles me disent par exemple : “Je veux changer de travail, mais je ne sais pas quoi faire, pouvez-vous me le dire ?” Ce n’est pas le but. Je peux tout au plus leur donner une direction. »
Une “cold reading”, ou “lecture à froid”, désigne une séance lors de laquelle un soi-disant médium observe attentivement les réactions de son client à ses déclarations, généralement vagues. Un tel pseudo-médium ne mentionne par exemple aucun nom mais juste des initiales, et attend toujours les signaux que vous émettez consciemment ou non avant de poursuivre. Ce n’est pas de la médiumnité, mais du charlatanisme. Il existe certainement des personnes qui se prétendent médiums et qui ne possèdent en réalité qu’une bonne connaissance de la nature humaine. Les sceptiques sont convaincus que toute cette profession agit de la sorte. Mais un vrai médium, au contraire, se tourne vers l’intérieur et essaie d’interpréter au mieux les images qui lui parviennent. Jacky explique : « Lorsqu’un médium se trouve face à son “client”, son âme se connecte à l’âme, à l’énergie de cette personne. C’est de là qu’il tire ses informations. »

Comment devenir un bon médium ?
« D’une certaine manière, chacun est un médium, selon Jacky. Car nous sommes tous connectés à l’étincelle divine et provenons tous de la même source. La question est : qu’en faites-vous ? » Les autres médiums sont également d’avis que, à la base, chacun porte en lui cette hypersensibilité. Ce don est simplement plus développé chez l’un que chez l’autre. Mais à force de persévérance aussi, vous pourrez parvenir à développer cette aptitude. En règle générale, on constate une recrudescence de la sensibilité chez les gens. Notre culture n’a cessé de se rationaliser au cours des derniers siècles, mais un revirement est actuellement à l’œuvre. Janneke le constate : « Je suis parfois surprise de la quantité d’informations que certains clients ont déjà perçue des morts. Lorsque, par exemple, je dis à l’un d’entre eux que c’est son père qui éteignait toujours son ordinateur, il s’avère souvent qu’il le savait déjà. Les enfants ont aussi souvent cette hypersensibilité, qui s’estompe toujours avec l’adolescence et l’âge adulte. Mais ce n’est pas grave, car elle pourra revenir plus tard. » Janneke n’aime pas l’étiquette de “paranormal” ou “supranaturel”. « Pour moi, c’est tout à fait normal. Nous, les médiums, sommes des gens normaux et il nous incombe de nous présenter sous la forme la plus normale possible. » Il n’est toutefois pas normal que quiconque ressente ou voie certaines choses puisse visser une plaque sur sa porte et se présenter comme un médium. La médiumnité exige de la pratique, de l’assiduité, de la circonspection, de la modestie et de l’autocritique. Sans cela, on risque de faire beaucoup de dégâts. C’est un métier à responsabilités. Et qu’en est-il des risques ? Les esprits ou entités de l’autre monde ont-ils tous de bonnes intentions ? Quid des histoires de maisons hantées ? Ces médiums n’ont encore jamais rencontré d’énergie négative, et n’y croient pas non plus. « Si j’avais ne fût-ce qu’une seule fois rencontré un esprit fâché, admet José, j’aurais immédiatement arrêté. » « Dans toutes les soi-disant maisons hantées que j’ai pu visiter, il s’agissait toujours d’un membre de la famille ou d’un ami qui tentait d’entrer en contact, raconte Marisa . Cela n’a rien à voir avec des entités négatives. Je préfère parler de la beauté et de l’amour, et à quel point il est émouvant de pouvoir réunir à nouveau des personnes. »

Source : Messages de Jeshua, Pamela Kribbe, Éditions Hélios