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Chaque instant est une opportunité de se recréer. Par Neale Donald Walsch

Catégorie(s) : Art de vivre, Bien-être, Développement personnel, Livres, Rencontres, Rituels, Sagesse & spiritualité

« Pourquoi tout cela m’arrive-t-il à moi ? » Neale Donald Walsch, âgé de 76 ans, s’est posé cette question il y a trente ans. À sa grande surprise, il eut une réponse de la part de ”la source la plus élevée”, comme il la nomme. Il a écrit toutes les réponses qu’il a entendues dans un livre devenu un best-seller international, vendu à dix millions d’exemplaires : Conversations avec Dieu. Il revisite ici son aventure de vie à travers quelques thèmes essentiels.

Au commencement

Durant des années, j’étais en quête du travail idéal, de la maison de mes rêves, de la richesse. Et puis j’ai eu un accident de voiture qui m’a brisé la nuque. La plupart des gens ne survivent pas à cela, ou bien ils restent paralysés. Je l’ai vraiment échappé belle. J’ai dû porter une minerve durant longtemps. C’est ainsi que cet accident a aussi brisé ma vie. J’ai ensuite perdu successivement mon travail, mon mariage, ma maison et mon argent. Sans m’y attendre, je suis devenu sans abri et sans argent à l’aube de mes 50 ans. J’ai passé une première année à mendier, à demander de l’argent aux passants pour m’aider à survivre. Quand vous êtes réduit à cela, vous n’avez pas d’autre choix que de vous voir autrement. Je n’arrêtais pas de me poser toutes les grandes questions existentielles : pourquoi tout cela arrive à moi ? Qu’est-ce qui est le plus important pour moi ? Et à ma grande surprise, on m’a répondu. Et c’était la source la plus élevée qui me parlait et m’expliquait que la vie n’a rien à voir avec la voiture que je possède ou mon travail. Le but de l’âme, c’est la raison pour laquelle je suis venu sur Terre. Tout perdre a été l’expérience la plus horrible que j’ai dû vivre. Mais cela a été aussi le seul moyen pour comprendre tout ce que j’avais à comprendre. Et quand j’ai réussi à me relever, il était devenu évident pour moi que j’étais ici pour exprimer et vivre qui je suis vraiment, de toutes les façons possibles et dans toutes situations. Chaque nouvel instant de vie devenait l’occasion de me recréer et de devenir la version d’amour la plus élevée que je puisse être. Et en plus, je suis convaincu qu’il est possible de recommencer une nouvelle vie, jusqu’à la dernière minute. De temps en temps, je parviens à exprimer la version de moi-même la plus élevée, et cela me remplit de joie et de vérité. Et c’est cela que l’on doit vivre à chaque instant. J’en suis encore loin, mais je suis en quête de cela, à chaque instant.

 

L’âme

J’ai ressenti mon âme, pour la première fois, quand j’avais 6 ou 7 ans. J’ai d’un seul coup ressenti en moi une présence de joie, sacrée et absolue qui était au-delà de mon corps ou de mon cerveau. J’ai régulièrement ce genre d’expérience. Récemment encore, quand j’ai assisté à la naissance de petits chats. Ce miracle a touché mon âme et cette sensation est restée en moi durant des jours. Mais j’ai également des expériences de l’âme avec les gens que j’aime ou devant un lever de soleil. Tout le monde peut vivre cela. Je crois que ce sont des moments où l’on fait l’expérience de notre nature divine. On les appelle juste autrement, des “moments spéciaux” ou des “instants de paradis”. Notre culture ne nous enseigne pas à faire l’expérience directe de notre nature divine, ou éventuellement avec un intermédiaire. De nos jours, on commence à redécouvrir que nous pouvons faire cette expérience de l’âme. Cette vérité très ancienne est sur le point d’être redécouverte. Pour moi, c’est un grand privilège de vivre cela.

 

La vie

La vie et le divin, c’est la même chose pour moi ! Toute vie est l’expression du divin. C’est ainsi que je m’explique la vie. Quand je pense à l’au-delà, j’imagine une expérience totalement différente. À la fin de ma vie, je m’attends à ce que la vie me demande d’élever ma conscience à un niveau différent. Quand une personne décède, je dis toujours qu’elle fête “le jour des prolongations”. Bien sûr, au niveau humain, c’est profondément triste lorsqu’un être que l’on aime disparaît. Mais au niveau de l’âme, cela me rend très heureux. Je n’ai pas peur de l’au-delà. Honnêtement, je n’ai jamais ressenti la peur de mourir. Mais si vous voulez connaître comment je vais fêter “le jour de mes prolongations”, vous devrez revenir à ce moment-là.

 

L’amour

Durant très longtemps, j’ai confondu l’amour avec le besoin. Quand je disais « Je t’aime », je disais en réalité : « J’ai besoin de quelque chose et je pense que c’est merveilleux que tu puisses me le donner. » S’il te plaît, continue de me donner ce dont j’ai besoin et j’essaierais de te donner en échange ce dont tu as besoin : de la présence, de la sécurité, peu importe… Ça ressemblait plus à un contrat d’affaires que j’appelais “amour”. Et si l’on ne me donnait pas ce dont j’avais besoin, alors je mettais un terme à la relation, que ce soit une amitié ou un mariage. Il a fallu que je perde tout ce que je possédais pour comprendre que ça n’avait rien à voir avec l’amour. Tout simplement parce que je n’ai besoin de rien, de personne pour être heureux, que ce soit au niveau émotionnel, psychologique ou spirituel. Et finalement, j’ai réussi l’examen de “l’école de l’amour”. Maintenant, j’aime les gens pour ce qu’ils sont, sans attendre qu’ils satisfassent mes besoins. L’amour, c’est apprécier ce que les gens sont, pour ce qu’ils sont, pas pour ce qu’ils font. L’amour, c’est percevoir le meilleur d’eux-mêmes, quoi qu’il arrive : leur humanité mais aussi leur divinité. Quand vous prenez conscience que chaque créature vivante est bonne et belle, alors vous pouvez goûter à ce qu’est vraiment l’amour.

 

Propos recueillis par Astrid Maria Boshuisen et traduits par Jérôme Oliveira

Portrait © Christopher Briscoe

 

Cette interview « Paroles Inspirées » figure dans le n°41 du magazine HAPPINEZ que vous pouvez vous procurer ici 
ou ici dans sa version numérique