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Les effets thérapeutiques du son

Catégorie(s) : Bien-être, Développement personnel, Livres, Rencontres, Rituels, Sagesse & spiritualité, Santé

En 2015, l’écrivain, photojournaliste et réalisateur Stéphane Haskell nous présentait une enquête passionnante sur les effets bénéfiques du yoga sur notre santé. Autre versant de son voyage thérapeutique, le livre "Écoute" (aux éditions Le Courrier du Livre) nous entraîne cette année à la rencontre d’un monde étonnant : celui des vibrations sonores et de leurs bienfaits sur les plantes, les animaux et l’homme.

Happinez : Après le yoga, qui a bouleversé votre vision du monde, pourquoi vous êtes-vous intéressé au son ?

Stéphane Haskell : Je peux mieux appréhender aujourd’hui les incidences de ces pratiques que sont le yoga et la méditation, qui nous permettent de considérer notre corps dans son ensemble et surtout de comprendre notre lien avec le reste de notre planète. En ouvrant de nouveaux horizons à nos esprits et à nos corps, nous pouvons nous accompagner dans nos guérisons par d’autres techniques. La Vie est, par essence, vibration, donc mouvement, et la maladie apparaît lors d’une immobilisation de nos vibrations sur l’un des plans. Le son, qui fait partie intégrante du yoga, que ce soit par les chants des mantras ou l’utilisation de bols d’Himalaya, a eu impact direct sur mes douleurs chroniques. J’ai voulu en savoir plus, enquêter sur la puissance du son et ses vertus thérapeutiques. Ma première professeure de yoga m’avait donné un mantra à me répéter quotidiennement : « Ressens, regarde, écoute », et c’est à partir de ce dernier mot, que je n’avais pas encore réellement exploré, que j’ai décidé de mener ma quête.

 

Happinez : Quel lien le son de notre planète entretient-il avec notre voix intérieure ?

Stéphane Haskell : De découverte en découverte, j’ai réalisé à quel point le son est en train de devenir la médecine du futur. J’ai donc décidé de vérifier par moi-même l’expansion de cette nouvelle alternative. En me rendant au MIT (Institut de technologie du Massachusetts) près de Boston, j’ai observé que des chercheurs travaillaient, aux côtés d’envoyés du dalaï-lama, sur l’incidence de nos voix sur notre organisme. J’ai participé à une expérience, et j’ai ressenti combien certains chants, selon le positionnement de ma respiration, détendaient mon système nerveux. Comme avec les “bains de sons”, les effets physiques et émotionnels sont impressionnants. Le rôle et l’impact de la voix sur notre santé est une évidence. La compréhension progressive de cet univers sonore m’a permis de réaliser que nous sommes étroitement liés à d’autres vibrations. Celles de notre planète. Notre voix intérieure est en relation avec la fréquence naturelle de celle-ci. Quand ce lien, cette communication, est interrompu, nos sens et nos émotions sont perturbés. Nous ne sommes plus en connexion avec notre voix intérieure, celle qui nous guide, celle de notre intuition, celle de l’écoute profonde, intime et silencieuse.

 

Happinez : Cette « quête de guérison et de vérité » que vous avez entreprise a été parsemée de rencontres enrichissantes…

Stéphane Haskell : J’ai été particulièrement marqué par ma rencontre avec Karine Lethiec et Catherine Boni, qui soignent des enfants handicapés mentaux et autistes grâce à la musique classique et aux chants. Elles organisent des concerts avec des chorales qui permettent aux enfants de sortir de leur état de trouble et d’entrer dans celui de “flow”, plus calme, où leurs tics de difficultés disparaissent. L’énergie que développent ces deux femmes au sein de leurs associations,  L’ensemble Calliopée et les Vives Voix, m’a impressionné. La connexion qui s’établit au cours des concerts par le son, les vibrations, la respiration et le mouvement est d’une réelle puissance qui défie d’ailleurs tous les pronostics médicaux concernant leurs difficultés d’expressions verbales. C’est l’une des plus belles preuves qu’il m’ait été donné de constater sur l’effet thérapeutique du son. Je me rappelle qu’en sortant de leurs concerts, une citation de Schopenhauer me revenait chaque fois en mémoire : « La musique semble murmurer à notre oreille :  écoute-moi, je peux te transformer ». Je suis convaincu qu’il en est de même pour tous les sons de notre planète.

Propos recueillis par Aubry François

Portrait © Elia Kuhn photographe / 2019