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Se réconcilier avec son corps

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De nombreuses femmes ont du mal à se réconcilier avec leur corps. Telle est l’intime conviction de Lisette Thooft, essayiste et écrivaine. Elle s’est longuement interrogée sur nos modes de pensée et nos représentations culturelles. Aujourd’hui, elle nous livre le récit de sa propre transformation.
Extrait de Happinez 57 – ressentir
Texte Lisette Thooft

Qui, parmi nous, ne se trouve ni trop grosse, ni trop maigre, ni trop vieille, ni trop jeune, ni trop étrange, ni trop ordinaire ? Porter des jugements très durs sur notre propre apparence, et sur celle des autres femmes, nous semble parfaitement normal. Le mouvement Body positive, apparu il y a quelques années, souhaitait mettre fin à cette situation, avec pour mot d’ordre : « Aimez-vous, même si vous ne correspondez pas complètement à “l’image idéale !” » L’intention était louable. Mais il me semble que, pour la plupart des femmes, tout cela est bien plus facile à dire qu’à faire. Voilà donc une nouvelle injonction : désormais, nous devons considérer que notre physique nous convient parfaitement, et ce même si, de toute évidence, c’est loin d’être le cas. Un autre mouvement a récemment vu le jour : Body neutrality. Autrement dit, une posture neutre à l’égard du corps. L’intention est tout aussi louable : mettons fin à tout jugement, que ce soit sur notre apparence ou sur celle des autres. Cessons de nous contraindre à aimer notre corps. Même s’il vous est complètement impossible de vous trouver belle, vous êtes très bien telle que vous êtes. Après tout, ce n’est pas l’extérieur qui compte, n’est-ce pas ?

Juger
Anne Poirier, une coach américaine, est une ardente défenseuse du mouvement Body neutrality. Elle part de sa propre expérience. Sur son site Internet, elle écrit : « Comme vous, des années durant, je me suis battue contre mon poids, mes habitudes alimentaires, la piètre image que j’avais de mon corps, mes pensées négatives à mon égard, tous mes régimes, et mon idéal de corps féminin mince. » Elle a animé des ateliers consacrés à l’approche Body neutrality. Ils lui ont inspiré les réflexions suivantes : « Le mouvement Body positive a pour ambition de nous faire aimer notre corps. Mais il s’agit là d’une énorme étape à franchir : passer de l’insatisfaction à l’amour. De nombreuses personnes s’arrêtent quelque part sur cette voie, à mi-chemin. Considérez cela comme un cessez-le-feu, un compromis, un espace situé quelque part entre la haine et l’amour. » Selon les tenants du mouvement Body neutrality, devoir aimer son corps consiste à s’imposer une nouvelle norme. Donc, mieux vaut accepter son corps tel qu’il est, puis ne plus trop s’en soucier. Faites ce qui vous aide à vous sentir bien, cessez tout simplement de porter des jugements sur votre apparence physique, et concluez la paix avec vous-même. À en croire l’éditorialiste britannique Poppy Noor, nous ne devrions plus dire : « J’aime mon physique, indépendamment de ce que vous en pensez ! », mais plutôt : « J’aime ce que je pense, en quoi mon physique serait-il important ? »

Le reflet dans le miroir
Ce qui me frappe, après avoir lu sur Internet toute une série de textes américains consacrés au mouvement Body neutrality, c’est que de nombreux auteurs n’établissent aucune distinction nette entre aimer son corps et trouver son corps beau. À leurs yeux, l’un n’irait pas sans l’autre. Soit on est satisfaite de son apparence, et par conséquent ce corps glorieux est adoré ; soit on déteste son reflet. Et, bien entendu, dans ce cas, cette détestation s’applique également au corps. Mais les choses ne fonctionnent pas ainsi. L’amour n’a rien à voir avec la beauté. Il est tout à fait possible d’adorer son fils adolescent malgré son visage ravagé par l’acné, son appareil dentaire et ses cheveux gras. On peut éprouver un profond amour à l’égard de sa grand-mère au dos voûté et au menton poilu. On peut porter de l’affection à son chien, même s’il ne ressemble à rien. Et il est concevable de s’attacher à un vieux gilet élimé, peu seyant, mais ô combien confortable. De même, il est tout à fait possible d’aimer sincèrement son corps, y compris lorsque l’image renvoyée par le miroir ne correspond pas à la norme que nous imposent les magazines et l’industrie de la mode. À ce propos, Ted Troost, un célèbre haptonome néerlandais, a déclaré : « Vous n’avez pas besoin de trouver votre corps beau, mais vous devez l’aimer. » Des propos auxquels j’adhère complètement. Mais pourquoi est-ce si difficile ?

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Exercez-vous à la conscience de votre corps – podcast Happinez

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