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Harmoniser son intérieur avec le feng shui

Catégorie(s) : Art de vivre, Bien-être, Développement personnel, Rencontres, Rituels, Sagesse & spiritualité, Santé

Après l’hiver, je ressens un besoin de renouveau dans ma maison, et ce d’autant plus que je travaille chez moi. Tentée par le feng shui comme moyen de mieux-être personnel, le moment est venu d’allier nettoyage de printemps et optimisation des énergies. Direction l’Institut Pierre Thirault à Languidic, en Bretagne.

Le printemps est la saison de la renaissance de la nature et, par extension, du tri, du rangement. Pour faire place nette chez soi… et en soi. « Le feng shui, m’explique Dorothée Thirault, ma formatrice, permet de dénouer des blocages chez ses habitants et de laisser place au nouveau. » Initialement dédiée à l’empereur, cette discipline millénaire chinoise est basée sur la recherche de l’équilibre au sein d’un lieu, habitat ou professionnel. Elle se sert de formules et de calculs précis liés à l’orientation magnétique des lieux et de la pensée analogique. Cette dernière est au cœur de la méthode élaborée par Pierre Thirault.

Le flux vital

Le feng shui signifie littéralement “vent et eau”. Il permet de maîtriser l’énergie dans l’espace, d’équilibrer le qi (prononcer tchi), le flux vital qui circule en nous et dans notre environnement, à commencer par notre maison. Au cours de ce cycle 1, je vais apprendre à regarder comment un lieu est irrigué en énergie et associer, avec l’analogie, lieu et humain : « Montre-moi où tu habites et je te dirai qui tu es », souligne Pierre. Plus la forme de la maison est harmonieuse, plus la structure humaine l’est aussi, et vice versa. Il s’agit de quantifier l’énergie, qui sera différente selon que l’on vit près d’une ligne de chemin de fer ou dans une impasse, et de la qualifier (comment circule-t-elle, est-elle fluide ou stagnante ?), en tenant compte de l’environnement, des objets présents sur le lieu notamment.

Mais attention, préviennent les deux formateurs « le feng shui n’est pas un style de décoration ! C’est l’art de créer une atmosphère harmonieuse pour ses habitants. Et, autre précision, il ne s’agit pas de nourrir le lieu, mais les personnes qui y vivent ». Après la quantité et la qualité, le feng shui questionne le type d’énergie du lieu, à travers l’ambiance. Est-elle plutôt yin (douce, avec des couleurs froides et des surfaces organiques) ou davantage yang (puissante, avec des tonalités chaleureuses) ? Les deux doivent être équilibrés, car le yin symbolise l’énergie réceptive, le calme, la nuit, le féminin. Tandis que le yang représente l’énergie créative, le mouvement, le jour, le masculin.

L’analogie lieu-humain

Selon les principes de cet art ancestral, notre habitat est découpé en un corps, des sentiments, une pensée, qui sont associés respectivement à des matières, des couleurs et des formes. Bien placées, celles-ci vont optimiser la circulation de l’énergie, dans l’espace et en nous, car nous sommes imprégnés des carburants qui nous entourent. L’attention va particulièrement se focaliser sur les cinq éléments qui interviennent dans le cycle de transformation du qi : le feu nourrit la terre, qui nourrit le métal, qui nourrit l’eau, qui nourrit le bois, qui nourrit le feu. Inversement, le cycle de contrôle (l’eau éteint le feu, qui fait fondre le métal, qui coupe le bois, qui contrôle la terre, qui contre l’eau) va permettre d’interagir avec le lieu : c’est là où la décoration peut intervenir, en tant qu’outil de correction.

Enfin, le feng shui prend en compte les animaux symboliques : ceux-ci représentent l’environnement idéal de notre habitation et notre personnalité, notre façon d’interagir avec le monde. Ils doivent être disposés d’une manière précise : la tortue au nord, à l’arrière, signe de protection, le tigre à l’ouest pour la créativité, le dragon à l’est pour la vitalité, le phénix au sud, à l’avant, pour l’avenir. Et l’équilibre entre les quatre animaux est également essentiel : trop de phénix peut signifier trop de choix, donc être source de stress, et un phénix faible peut générer des difficultés à se projeter.

Des réservoirs d’énergie

À présent, place à la pratique ! J’ai apporté les plans de ma maison et je vais expérimenter les deux outils essentiels du feng shui : le “ba gua”, qui permet de localiser les courants énergétiques, et le “lo shu”, le carré magique : chaque zone de l’habitation est associée à une orientation, un nombre, un élément, un secteur, qui va être un réservoir d’énergie. Il y a ainsi neuf secteurs : la carrière, les études, la famille, la richesse, la réputation, le couple, les projets, les mentors, la santé. Je décide de travailler sur ma chambre et mon bureau adjacent, curieuse de comprendre pourquoi mes nuits sont insuffisamment récupératrices et désireuse de booster une nouvelle activité professionnelle.

J’observe les carrés magiques et l’aménagement de chaque pièce

Dans la chambre, je visualise deux tables de chevet et deux lampes identiques : le nombre pair favorise la vie de couple. Calé contre le mur et protégé par une tête (ma tortue !), le lit est placé. Jusqu’ici, tout va bien. Elle explique que pour ma problématique de sommeil, je dois regarder en priorité l’axe santé, situé est/ouest. À l’est, il y a des étagères remplies de livres, disposés en piles, soit une centaine de romans, essais, récits en attente de lecture. Et là, j’entends Pierre énoncer : « Pas de livres dans une chambre, cela active la pensée. » Stupeur ! Côté bureau, je constate que ma table et mon fauteuil sont situés dos à l’ouest.

Or, le calendrier chinois recommande en 2019 d’éviter cette position, néfaste pour les affaires. En 2020, il faudra éviter de tourner le dos au sud, en 2021 à l’est, en 2022 au nord, et en 2023, le cycle reprendra avec l’ouest… Je décide de travailler ces deux pistes, sans en explorer d’autres. « Faites une ou deux choses à la fois et observez ce qui se passe dans les semaines suivantes », ont répété les formateurs pendant le stage. À mon retour, je sors les livres de la chambre et j’installe mon bureau dos au sud. Au bout de quelques jours, je me rends compte que je me sens plus calme, comme tranquillisée. Et, surtout, mon entourage m’en fait la remarque. Immédiatement, je fais le lien avec les deux aménagements feng shui qui, outre leur bon sens indéniable, m’ont profondément apaisée et régénérée.

Concept

Fondé en 1999 par Pierre Thirault, l’Institut européen du feng shui, rebaptisé Cinq Instituts, puis Institut Pierre Thirault en 2018, mène des expertises des lieux de vie et de travail pour en optimiser le potentiel. Il dispense des formations “Consultant feng shui” (cinq cycles de cinq jours) animées par Pierre et Dorothée Thirault et par des formateurs du réseau, ainsi qu’en géobiologie, bioénergie et méditation.

Qui : Institut Pierre Thirault
Quoi : Formations et expertises feng shui
Où : Languidic (56), Paris, Lyon, Lille, Avignon, Bordeaux, Toulouse, Strasbourg, Dijon, Cannes, Montpellier, Nantes, Angers, Le Mans, Genève…
Combien : 618 € le stage de 5 jours / 600 € le prix moyen d’une expertise (4 heures)
En savoir plus : institut-pierre-thirault.fr

Texte : Véronique Olivier
Photo : Stéphane Salaün