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Dr. Daniel Scimeca : L’homéopathie, une médecine adaptée à chacun

Catégorie(s) : Art de vivre, Bien-être, Développement personnel, Livres, Rencontres, Rituels, Sagesse & spiritualité, Santé

Médecin généraliste dans le Val-de-Marne et président de la Fédération Française des Sociétés d’Homéopathie, Daniel Scimeca partage son activité professionnelle entre ses consultations, ses travaux de recherche et d’enseignement, et son activité d’auteur d’articles et d’ouvrages médicaux. Il vient de publier, aux éditions du Rocher, le livre Homéopathie l’évidence, revenant sur la fameuse polémique qui va mener, prochainement, au déremboursement des médicaments homéopathiques. Fervent défenseur de cette pratique adaptée à chacun qu’il a intégrée, pour le meilleur, à son métier, Daniel Scimeca nous explique ici comment fonctionne cette médecine intégrative qui, selon bon nombre d’études scientifiques sérieuses – et pour tous les Français qui l’ont adoptée – fait quotidiennement ses preuves.

Happinez : Quel est le principe de l’homéopathie et d’où tient-elle son origine ?

Daniel Scimeca : L’homéopathie est une méthode thérapeutique reposant sur un principe de similitude. Toute substance qui peut provoquer des symptômes chez un sujet sain, peut également, une fois préparée selon la méthode homéopathique de dilution et de dynamisation, guérir ces mêmes symptômes. Par exemple, le café, réputé donner de l’insomnie peut aussi, une fois préparé, être un médicament favorisant le sommeil. La belladone, plante toxique provoquant des maux de tête et une congestion du visage, peut guérir les crises migraineuses une fois préparée selon la méthode homéopathique. C’est un médecin allemand, Samuel Hahnemann qui est à l’origine de sa découverte, il y a plus de deux siècles. Mais on retrouve, chez Hippocrate, l’idée que l’on peut soigner par les contraires (médicaments classiques) ou par les semblables (la similitude des médicaments homéopathiques).

 

Happinez : Quels sont ses bienfaits ?

Daniel Scimeca : L’homéopathie utilise des médicaments totalement dénués de toxicité ou d’effets secondaires.  On peut les utiliser chez l’enfant comme chez la femme enceinte ou allaitante sans aucun danger. L’homéopathie peut soigner les maladies aiguës chaque fois qu’un traitement classique n’est pas nécessaire, un mal de dos, une bronchite, une migraine. Elle peut soigner les maladies chroniques en traitant le terrain profondément et constituer ainsi une médecine préventive. Elle peut aussi accompagner les maladies qui nécessitent un traitement classique, comme le cancer. Dans ces cas, elle ne soigne pas la maladie mais plutôt le malade, dans son état général, son moral, ses défenses immunitaires et ses capacités à supporter les éventuels effets secondaires des traitements nécessaires.

 

Happinez : Que lui reproche-t-on concrètement et pourquoi se trouve-t-elle aujourd’hui en danger ?

Daniel Scimeca : On lui reproche avant tout d’être une alternative à des traitements coûteux ! Les médicaments sont sans danger, peu chers aujourd’hui. Depuis un an, un mauvais procès d’une agressivité sans précédent tend à la dénigrer et à la ravaler au rang de simple croyance. 77 % des français y sont attachés et 50 % l’utilisent régulièrement. Face à ce service médical rendu très évident, des adversaires virulents veulent l’évaluer sans tenir compte de sa spécificité. Pour les médicaments classiques, nous avons un médicament pour un symptôme ou une maladie (une inflammation entraîne un anti inflammatoire, une infection un antibiotique). En homéopathie, nous avons un médicament par profil de patient. On refuse aujourd’hui de prendre en compte cette spécificité et du même coup, on jette à la poubelle toutes les études pourtant probantes, sous prétexte qu’elles ne représentent pas un assez grand nombre de patients. C’est une évacuation partielle et peu honnête.

 

Happinez : Peut-on apporter des preuves de son efficacité ?

Daniel Scimeca : Il existe un grand nombre d’études qui montrent que cette loi de similitude est valide. Les ultra hautes dilutions d’aspirine, par exemple, produisent des caillots alors que l’aspirine est plutôt réputée pour fluidifier le sang. D’autres études montrent l’efficacité de certains médicaments homéopathiques face à la fibromyalgie, aux douleurs des seins chez la femme non désireuse d’allaiter, à la grippe, etc. Les études sont légions. Enfin, une grande étude épidémiologique (EPI 3) montre que dans la pratique de tous les jours, les patients traités par homéopathie sont les mêmes que les autres, avec les mêmes maladies. Elle montre que dans les trois domaines les plus impactant pour les français (les douleurs des muscles et des articulations, les infections respiratoires et les troubles anxieux, dépressifs et du sommeil), l’homéopathie a des résultats comparables à la prise en charge classique. Mais elle soigne aussi bien avec deux fois moins d’antibiotiques, deux fois moins d’anti douleurs et trois fois moins de médicaments tranquillisants, antidépresseurs et somnifères.

 

Happinez : Quels seront les conséquences de son déremboursement ?

Daniel Scimeca : Des conséquences négatives sur les comptes publics et sur la santé des Français. Le médicament homéopathique est actuellement à 2,35 € et remboursés à 30%, ce qui fait 70 centimes auxquels il convient de retirer les 50 centimes de franchise. Nous parlons de 20 centimes ! Une fois déremboursé, il y aura pour un certain nombre de patients un report sur des médicaments classiques dont le prix moyen est au-delà de 10 € et remboursés à 70 % (donc 7 € comparés à 20 centimes). Ce report va entraîner des effets secondaires, des utilisations inutiles de médicaments classiques (mésusages) qui auront un impact très mauvais sur la santé et du même coup sur les comptes publics puisqu’il faudra soigner ces effets secondaires et ces mésusages. Enfin, le médicament va augmenter pour trois raisons. Les laboratoires vont augmenter le prix, bloqué depuis 1988, le taux de TVA va monter, le prix sera totalement libre pour le pharmacien. De 2 €, on passera j’en suis sûr à 5 ou 8 €. Une impossibilité pour les plus démunis.

 

Happinez : Comment l’homéopathie s’est-elle intégrée à votre pratique de la médecine généraliste ?

Daniel Scimeca : Pour moi, la médecine générale est un merveilleux métier qui associe la science médicale et la dimension humaine. Le généraliste est au plus près de ses patients. Il est normal qu’il veille à utiliser les bons médicaments, au bon moment, pour le bon patient et pour la bonne maladie. Soigner l’hypertension par des médicaments classiques adaptés et en même temps être capable de soigner une insomnie avec des médicaments n’entraînant aucune accoutumance et traitant le terrain anxieux en profondeur, je trouve cela passionnant. J’ai, de la même manière, intégré les plantes, l’acupuncture et tous les outils dont j’ai besoin pour soigner. La médecine est une, mais les outils peuvent être divers. C’est cette notion de médecine intégrative, non exclusive qui me pousse chaque jour à exercer.

 

Propos recueillis par Aubry François