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Agir tous ensemble pour mieux vivre notre écoanxiété

Catégorie(s) : À découvrir, Rituels, Développement personnel, Bien-être, Art de vivre, Nature, Philosophie, Santé

Face aux drames qui se préparent, pour le climat comme pour le vivant dans son ensemble, être dans l’action n’est pas la meilleure solution, c’est en réalité LA seule solution. L’unique attitude qui, concrètement, nous permettra d’échapper au pire. Face à la longueur de la liste des actions à entreprendre pour changer notre manière de vivre, le découragement guette. Comment garder le moral et continuer à avancer ?

 

N’est-il pas déjà trop tard?

La question se pose, elle est légitime.

À titre personnel, voilà ma réponse.

Trop tard pour revenir à la situation d’origine d’avant la révolution industrielle?

Oui, assurément.

Trop tard pour améliorer nos perspectives et sauver ce qui peut encore l’être?

Non, incontestablement.

Il est (et sera) toujours temps d’agir, de diminuer l’ampleur des éventuelles catastrophes à venir. Ça n’est pas seulement une façon de rester positif, c’est une réalité, n’en doutons jamais. Nous devons être actifs, sans attendre, tous ensemble, de manière la plus radicale et la plus engagée possible.

Facile à dire, mais comment faire ?

Comment s’y mettre sans se décourager face à l’immensité de la tâche, et à l’éventualité latente du pire ?

En restant dans l’instant présent, en oubliant hier et demain, en étant dans le concret, et, en ce qui me concerne, en avançant pas à pas sur de multiples fronts.

Un exemple.

Depuis des années, j’envisage de devenir végétarien.

Par respect pour le bien-être animal, en grande partie. Pour économiser les centaines de litres d’eau nécessaires pour produire un kilo de viande, aussi. Parce que nos très chers bœufs et autres mammifères comestibles assimilés sont de solides émetteurs de méthane, petit frère du CO2 par ses capacités à augmenter l’effet de serre. Enfin, pour éviter qu’une partie conséquente de la viande des étals de nos boucheries continue à venir d’Amérique du Sud jusque dans nos cuisines, une aberration écologique absolue.

Je le sais depuis le début : devenir végétarien, pour moi, est un vrai challenge tant la culture de la consommation de viande imprègne mon ADN, en particulier lorsqu’elle prend la forme d’une côte de bœuf sur une grille de barbecue, ou d’une fondue bourguignonne entre amis. L’arrêt complet et immédiat représente un défi encore plus ardu que d’arrêter de fumer.

J’ai fini par trouver une solution, graduelle et indolore, une forme de compromis pour changer mes habitudes en douceur et avancer dans la bonne direction. En m’obligeant d’abord à un repas sans viande par semaine. Puis à deux. Puis à trois. Puis à une journée par semaine. L’étape suivante : un repas végétarien sur deux. Puis, ne plus manger de la viande qu’une fois par semaine. Avant, enfin, ne plus en manger du tout.

Je suis encore sur la route, à mi-chemin de l’arrivée. Bien sûr, tout arrêter du jour au lendemain serait plus courageux, plus fort, plus engagé, mais face à l’ampleur des changements culturels à apporter à mon mode de vie, je m’octroie le droit d’y aller petit à petit, étape par étape.

Ne pas viser trop haut, ni être trop pressé, mais avancer dans la bonne direction, humblement et concrètement. Ne pas se fixer des objectifs trop ambitieux qui mèneraient au découragement, et à l’échec. Et à chaque col franchi, savourer les avancées.

Depuis que je consomme moins de viande, je me sens en meilleure santé, un phénomène confirmé par les diététiciens, qui, dans leur immense majorité, recommandent de freiner la consommation de chair animale. Grâce à cette lente évolution, je me sens actif dans ma volonté de soulager mon environnement de mes excès, un activisme qui apaise concrètement mon écoanxiété. J’avance pas à pas, à mon rythme, vers un mode de vie plus vertueux dont le principal objectif est de moins peser sur mon environnement.

La liste des actions à entreprendre est longue.

Moins utiliser sa voiture.

Moins consommer.

Mieux isoler sa maison.

Recycler.

Réutiliser.

Investir son temps libre dans une association pour la protection de l’environnement.

Ses économies dans une entreprise verte.

Manifester.

Militer.

Imaginer le monde d’après plutôt que de s’épuiser à vouloir à tout prix sauver celui d’avant.

Tous ces engagements n’ont pas le même impact, mais ils ont un point commun : ils permettent d’être actif, et de sentir en construction un futur moins dramatique. En progressant, petit à petit, dans l’ensemble de ces directions, je reste dans l’action, une action qui pèsera d’autant plus que nous serons plus nombreux à nous engager.

Et je me plais à croire que nous sommes de plus en plus nombreux.

Agir.

Tous ensemble.

 

Pierre-Yves Touzot

 

Pierre-Yves Touzot est réalisateur, romancier et blogueur. Dans ses romans, il invite ses lecteurs à s’interroger sur leur rapport à l’environnement, à se reconnecter à la Nature, une étape indispensable pour lui vers la résolution de nos problèmes écologiques. Depuis plusieurs années, il construit à travers son blog une médiathèque de romans, d’essais, de bandes dessinées, de films, de documentaires, tous consacrés à cette thématique. Pour en savoir plus : www.ecopoetique.blogspot.com

Après le roman Presque libre, coup de cœur de la rédaction Happinez, publié aux éditions La Trace, Pierre-Yves a publié un nouveau roman en mai 2023, également coup de cœur de la rédaction, Mon dernier concert