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Un véritable chemin de résilience à découvrir en librairie

Catégorie(s) : Art de vivre, Bien-être, Développement personnel, Happi.Body, Livres, Rencontres, Sagesse & spiritualité, Santé

Le chemin qui s’ouvre sur l’épreuve d’une vie et mène vers la résilience peut s’avérer des plus ardus. Mais dans ce processus, le soutien, les rencontres et la présence des autres font souvent la différence. Ce fut le cas pour Arnaud Bovière, auteur, entrepreneur et chroniqueur, qui publie en cette rentrée le livre La couleur de la résilience (First). Dans cette interview, il nous offre un aperçu de son étonnant parcours, entre rencontre, écriture et renaissance à la vie.

Happinez : Qu’avez-vous vécu, à peine sorti du monde de l’enfance ?

Arnaud Bovière : Je suis tombé malade à l’âge de 13 ans. J’ai perdu connaissance pour la première fois en rentrant de l’école, dans les rues de Versailles. Les pertes de connaissance se sont alors multipliées. J’étais inconscient plusieurs fois par jour. J’ai tout d’abord été diagnostiqué épileptique, avant qu’un nouveau diagnostique ne mette en lumière des crises d’angoisse et une phobie scolaire violente. Les pertes de connaissance devenant ingérables, j’ai été hospitalisé puis déscolarisé de mes 13 ans jusqu’à mes 18 ans, travaillant seul avec un soutien du CNED. J’ai découvert alors un autre monde, celui de l’hôpital. Celui d’enfants « différents » également, souffrant de pathologies graves et disposant d’une maturité incroyable du fait de ce qu’ils vivaient au quotidien. J’ai appris à être un adolescent pas comme les autres.

Avez-vous été sauvé par les personnes qui se sont trouvées sur votre route durant cette période ?

Oui, tout à fait.  J’ai été sauvé avant tout par les médecins qui m’ont pris en charge à la Maison de Solenn en 2007, sous l’impulsion de Marcel Rufo. Prendre conscience de ce qu’était la phobie scolaire et trouver dans l’angoisse une réponse aux pertes de connaissance, m’a profondément aidé, même si le processus fut long. Quand on a 15-16 ans et qu’on perd connaissance 20 fois par semaine en moyenne, le traumatisme qu’il faut soigner est immense. L’appui des médecins était donc essentiel. Les autres enfants et adolescents rencontrés dans les hôpitaux m’ont également sauvé. Réaliser que je n’étais pas seul, même si chaque pathologie et chaque enfant est différent, m’a beaucoup aidé. Pouvoir parler et être compris par d’autres jeunes de mon âge a participé à ma guérison. Un peu plus tard, il y eut également des rencontres artistiques. À la Sorbonne, lors de mes études supérieures, puis au théâtre, lieu où tout s’est déclenché pour moi et où la résilience s’est véritablement mise en place !

Pouvez-vous nous parler de votre rencontre avec le professeur Marcel Rufo et le rôle de l’écriture dans votre destin ?

Je n’avais jamais entendu parler de Marcel Rufo avant de le rencontrer. Il était pourtant LE pédopsychiatre du moment… Notre première rencontre s’est en réalité très mal passée ! Il m’a poussé très rapidement dans mes retranchements, minimisant volontairement mes problèmes pour voir ma réaction. De ce fait, c’est le premier médecin avec lequel un échange s’est vraiment engagé. Il m’a ensuite accompagné personnellement pendant 3 ans, travaillant énormément pour me faire retrouver le chemin des études, reprendre confiance en moi et combattre l’angoisse des pertes de connaissance. Marcel Rufo a découvert que j’écrivais depuis tout jeune. Des textes que je ne montrais que très peu. Il m’a encouragé à écrire, sans se douter de la portée de son conseil… L’écriture m’a accompagné tout au long de ma maladie et a été un élément essentiel du processus de guérison. Par les mots, je pouvais m’exprimer autrement, me confier et dire tout ce que j’avais sur le cœur.

Vous avez d’ailleurs écrit une pièce de théâtre au succès étonnant…

Oui, j’ai écrit cette pièce, Aux Fleurs du temps, à 16 ans à la Maison de Solenn pour rendre hommage aux amis côtoyés dans les hôpitaux et partis trop vite. Un texte que je n’ai montré à personne, pas même à Marcel Rufo. Huit ans plus tard, en 2015, un ami d’enfance, Kévin Chemla, comédien et metteur en scène, cherchait une nouvelle pièce. Je lui ai montré le texte et le projet fut joué pour la première fois le 29 octobre. Rapidement, un bouche à oreille s’est mis en place, me dépassant complètement. La pièce a décollé sur les réseaux sociaux, touchant plus de 6 millions de personnes. J’avais à peine 25 ans, je ne comprenais pas trop ce qu’il se passait. Cet hommage a continué à prendre de l’ampleur. J’ai alors reversé mes droits d’auteur pour financer la rénovation de chambres dans les hôpitaux et créer des ateliers thérapeutiques pour les enfants malades. Puis pour continuer sur cette lancée, j’ai créé ma première start-up.

Où en êtes-vous aujourd’hui ? La réussite entrepreneuriale que vous connaissez marque-t-elle la fin d’un processus de résilience entamé il y a plusieurs années ?

Aujourd’hui, je suis à la tête d’une agence de communication, Arnaud & Alexis, que j’ai créé avec mon associé en 2017. Nous sommes 15 actuellement et avons fêté nos 3 ans d’existence pendant le COVID ! Nous prenons en charge la visibilité, la notoriété, le recrutement et le développement commercial des entreprises sur LinkedIn, de l’indépendant jusqu’aux grands groupes. Nous approchons des 200 entreprises accompagnées pour la fin de l’année. À côté de cela, je continue d’écrire pour moi. Outre La Couleur de la Résilience, qui retrace tout ce parcours de vie, j’ai achevé une deuxième de théâtre qui devrait voir le jour l’an prochain. Pour moi, le processus de résilience ne s’arrête jamais car les blessures qui en sont à l’origine sont toujours là. Elles sont guéries mais elles ne s’oublient pas. Il s’agit d’un moteur qui me pousse sans cesse à aller de l’avant et à me lancer dans de nouveaux projets !

Propos recueillis par Aubry François

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