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Pour s’élancer avec confiance et optimisme vers une humanité durable

Catégorie(s) : Art de vivre, Bien-être, Développement personnel, Happi.Body, Livres, Nature, Rencontres, Rituels, Sagesse & spiritualité, Santé

Coach en bien-être, Marie-Cassandre Bultheel est aussi la fondatrice de The Sustainable Humanité Foundation qui se donne pour mission de cultiver les liens entre les différents acteurs du mouvement global de l’humanité durable. Dans cette interview pleine d’espoir, elle nous présente son livre Traité d’humanité durable, paru cette année chez Plon, un ouvrage précieux en ces temps d’incertitudes où les enjeux sont nombreux. Y sont dévoilées les sept racines du bien-être qui nous permettront de reprendre cette grande aventure commune qu’est la vie sur Terre, sous un ciel intérieur plus dégagé.

Happinez : Qu’est-ce que l’humanité durable ?

Marie-Cassandre Bultheel : Nous sommes tous plus ou moins familiers avec la notion de développement durable, c’est-à-dire répondre à nos besoins sans compromettre ceux des générations futures. C’est une façon d’organiser la société de manière à lui permettre d’exister sur le long terme. Je pense qu’il faut aller plus loin dans notre réflexion. L’humanité durable est la préservation, mais aussi la coexistence harmonieuse, des êtres humains entre eux et avec le vivant. Nous ne pouvons créer des solutions durables avec le même état d’esprit à l’origine des maux que nous connaissons aujourd’hui. Nous devons grandir en conscience et développer une perception plus holistique de notre expérience humaine. Il est temps d’établir une éducation positive de l’être. Nous avons appris à avoir et à faire avant de bâtir les fondations nécessaires à notre existence harmonieuse sur Terre. Cette décennie est celle de l’humanisme responsable qui replace l’Homme au sein du vivant. Le développement personnel est une forme d’activisme et avant tout notre responsabilité.

Comment est né votre intérêt pour l’être humain et cette nécessité pour lui de trouver une place harmonieuse au sein du grand Tout ?

Petite déjà, j’étais exploratrice de la vie. J’avais un besoin insatiable de poser des questions existentielles et d’essayer de comprendre le monde qui m’entourait. Je lisais beaucoup de livres de développement personnel que Maman, naturopathe et énergéticienne, laissait traîner. Je n’avais pas de rêve de statut social ou de travail précis en tête, si ce n’est écrire. Je voulais explorer, comprendre et transmettre. Et surtout, j’avais envie de créer un impact positif sur le monde mais la montagne semblait trop haute. J’ai commencé avec l’état d’esprit de vouloir changer le monde pour finalement comprendre que le monde sur lequel j’avais le plus d’influence est ma réalité intérieure. Ma mentalité a changé, je suis passée de “réaction” à “action”. Je me suis étudiée, j’ai appris à désapprendre pour ouvrir le champ des possibilités. Quand on travaille sur soi, on se rend vite compte de la complexité du chemin, mais aussi de sa beauté. Notre champ de vision s’ouvre pour laisser place à plus de paix, d’amour et de joie. L’envie de transmettre vient naturellement quand on comprend le mensonge collectif de séparation, de contrôle et de peur dans lequel nous baignons tous. Quand on aperçoit l’autre réalité, notre enthousiasme est tel que l’on souhaite passer le message.

Pouvez-vous partager avec nous l’une des sept racines du bien-être que vous présentez dans votre livre ?

Parlons du bonheur ! Le contexte actuel est le terrain propice pour se poser la question – qu’est qui me rend heureux ? Notre monde souffre en ce moment, nous sommes désorientés et anxieux quant à l’avenir. De grands idéaux sont tombés cette dernière décennie, notamment celui qui consistait à croire que l’argent fait le bonheur. Ce dicton n’est pas une invitation au rejet, mais à la réflexion afin d’établir une relation plus saine avec ce moyen d’échange. Notre situation d’aujourd’hui diminue notre consommation et notre rapport au matériel est durement affecté. Je le perçois comme une possibilité de renouer avec les fondations indispensables au bonheur, investir de nouveau dans la richesse de l’immatériel : le rapport harmonieux à soi, aux autres et à la nature – source de bien-être.

Comment conserver son optimisme face à l’état du monde ?

Nous vivons une illusion collective : celle du temps linéaire et de la séparation. Le changement est perçu comme une source de malheur, la vie est un combat et le temps qui passe nous amène vers la mort. Quand la vie est là, elle est, quoi qu’il arrive, source d’angoisse et de mal-être. Si l’on se détache de la notion purement fonctionnelle du temps, alors nous sommes arrivés, il n’y a pas de destination si ce n’est le moment présent. Prendre conscience que chaque instant est la Vie. Chaque instant n’est pas contre nous, mais pour notre évolution, alors ce besoin de contrôle, d’anticipation de la réalité et de jugement se dissout. En pratique, comment fait-on ? On laisse la place à une autre perception des choses. Nos certitudes et conditionnement nous emprisonnent, nous devenons pessimistes. On peut faire le choix de devenir plus conscient de nos actes afin de choisir sa vie et non la subir.

 

Propos recueillis par Aubry François

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