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Les pouvoirs de l’autoguérison

Catégorie(s) : Art de vivre, Bien-être, Développement personnel, Nature, Rencontres, Rituels, Sagesse & spiritualité, Santé

Ancien chef d’entreprise, Guibert del Marmol est aujourd’hui conseiller et conférencier en matière de “régénération”. Avant sa participation à l’événement SE GUÉRIR (www.seguerir.fr), le 14 prochain au Grand Rex, aux côtés de 11 autres prestigieux invités, l’auteur des livres Tomber plus haut et Sans plus attendre (Ker éditions) nous parle de la maladie qui a bouleversé sa vie, modifié son rapport à la médecine et transformé à jamais ses croyances sur la guérison.

 

 

Happinez : La médecine conventionnelle vous a diagnostiqué, à l’âge de 30 ans, une maladie très grave, vous prédisant même votre fin prochaine. Comment l’avez-vous vécu ?

Guibert Del Marmol : Le moment où le diagnostic est prononcé – ou devrais-je dire la sentence – ressemble toujours à un énorme coup de massue sur la tête. Quand, à 30 ans, vous avez du succès dans vos amours et vos affaires, que la vie semble être un ascenseur ultra rapide vers un ciel sans nuages et qu’un homme en blouse blanche vous fait basculer en quelques mots dans une réalité sombre et sans issue, c’est un peu comme plonger par un soir d’hiver dans une eau profonde, glacée et noire. La descente noire et glacée, c’est surtout au travers de vos émotions que vous l’expérimentez. La peur, l’incompréhension, les sentiments d’injustice et d’impuissance, la tristesse et les moments de dépression deviennent vite vos compagnons au quotidien. Et puis, au plus profond de cette nuit noire, il y a cette rencontre avec une autre part de vous-même que vous ne connaissiez pas et qui semble pourtant être là depuis toujours. Comme une force invisible qui vous fait sentir qu’une autre réalité est possible, que vous n’êtes pas seul mais qu’il va falloir penser et agir très différemment pour remonter de l’obscurité glacée vers la lumière et la douce chaleur d’un nouveau jour.

 

Happinez : Est-il possible, selon vous, de contredire même les plus sombres pronostics médicaux ? 

Guibert Del Marmol : Oui bien sûr. Beaucoup d’autres que moi, que ce soient des patients ou des médecins, en témoignent. La médecine n’est pas à ma connaissance une science exacte, c’est un art. Par définition, son diagnostic ne peut donc être définitif. La médecine occidentale se base sur un savoir certes vaste, mais devant la complexité du corps humain et plus encore des relations entre le corps et l’esprit, elle ignore beaucoup de choses. Le problème, c’est qu’à l’instar de l’effet placebo, il existe également un effet nocebo. Un médecin qui assène des « vérités » sans émettre les réserves d’usage à un patient déjà fragilisé peut influencer l’évolution des symptômes dans les deux sens. C’est ce qui faisait dire au célèbre psychiatre Edouard Zarifian que le meilleur des médecins n’est peut-être pas le plus sachant mais bien le plus aimant. Celui dont les capacités d’empathie vont permettre au patient de relancer sa pharmacie intérieure et de se guérir. La science a fortement progressé ces dernières décennies, avec en particulier la notion d’épigénétique. L’épigénétique, qui est cette capacité que nous avons tous de modifier l’expression de nos gènes en modifiant nos comportements, qu’ils soient alimentaires, liés à la gestion du stress ou encore à l’activité physique que nous pratiquons. En d’autres mots, ce qui nous tue prématurément, c’est souvent la combinaison de nos pollutions intérieures (stress, émotions négatives, traumatismes non soignés…) et de la pollution extérieure à laquelle nous sommes soumis. Comprendre ces phénomènes de pollution intérieure et extérieure et agir en conséquence pour les traiter permet véritablement de faire des miracles.

 

Happinez : De quelle manière avez-vous repris votre destin en main ?

Guibert Del Marmol : Comprenant que le diagnostic n’est jamais définitif et prenant conscience du lien corps/esprit, j’ai décidé de modifier profondément mon hygiène de vie. J’ai repris, rapidement après l’opération, une activité physique régulière en pratiquant surtout des sports cardiovasculaires (course à pied, cyclisme, randonnée en haute montagne…). Sans jamais lire un livre de diététique, j’ai modifié mon alimentation profondément, en écoutant les ressentis de mon corps à la vue et à l’absorption des différents aliments qui m’étaient présentés. L’élément le plus important fut peut-être l’apprentissage d’une toute autre gestion de mes pensées et émotions à travers la méditation et au contact presque quotidien de la nature. Les résultats de cette nouvelle hygiène de vie ont été au-delà de mes espérances puisque rien de ce qui m’avait été annoncé comme problèmes de santé liés à l’ablation de l’hypophyse ne s’est avéré exact. Jamais je n’ai connu la dépression, la stérilité et l’obligation de vivre sous médication permanente sous risque de coma dans les 48 heures, tous ces éléments m’ayant pourtant été prédits à ma sortie de l’hôpital. J’ai découvert, quelques années plus tard, que j’avais, sans la connaître, développé une approche assez tibétaine de la guérison : l’usage de l’allopathie occidentale en curatif, la puissance de ce que la nature avait à m’offrir (nutrition, homéopathie, plantes, contacts répétés avec les forêts), le travail sur l’énergie du corps via le Shiatsu, l’acupuncture et le Reiki, et enfin la puissance de l’esprit sur la matière au moyen de la méditation.

 

Happinez :  Votre vision du monde en a donc été transformée. Quelle est-elle, aujourd’hui ?

Guibert Del Marmol : Au-delà de ma reconstruction physique et des techniques corps/esprit utilisées, j’ai voulu aussi comprendre intellectuellement l’intelligence inouïe dont fait preuve à chaque instant le corps humain, et l’impact de mes pensées sur mon système cellulaire et de mes émotions sur mon système immunitaire. J’ai donc investigué pendant de longues années les notions de conscience et de science en rencontrant des scientifiques très souvent à l’avant-garde dans leur domaine d’expertise. J’ai aussi développé des pratiques spirituelles corporelles avec de vrais maîtres de sagesse, qu’ils soient chamans, thérapeutes énergétiques ou encore initiés des grandes voies mystiques telle que la kabbale ou le soufisme. Ce travail de recherche et d’expérimentation alliant science et conscience a profondément changer mon regard sur le monde et la nature humaine. J’ai trouvé une réponse satisfaisante aux grandes questions fondamentales que sont : qui sommes-nous, que vient on faire sur cette planète et comment idéalement doit on y vivre ?  Cela m’a permis de mieux comprendre l’état du monde et l’origine de nos problèmes, mais aussi d’identifier où porter mon action pour contribuer à l’émergence d’un monde plus harmonieux et durable. Ce chemin de résilience personnelle m’a, en définitif, donné accès à celui de la résilience collective et permis de redonner un sens bien plus profond à mon action au quotidien.

 

Happinez :  Votre milieu professionnel n’était pas étranger à la maladie qui vous a touché à l’époque. Que conseilleriez-vous aux personnes qui subissent quotidiennement le stress au bureau et dans leur vie quotidienne, en règle générale ? 

Guibert Del Marmol : J’évoque toujours l’alignement des 4 corps lorsque cette question m’est posée. Le premier c’est le corps physique, notre véhicule terrestre. La façon dont nous le nourrissons, l’écoutons, l’entraînons et le soignons est déterminante. Le second est le corps mental. Il s’agit ici de la gestion de nos pensées. Il faut apprendre à calmer l’agitation permanente qui règne dans notre cerveau. Le stress est issue la plupart du temps de projections de l’esprit liées à l’angoisse du futur et/ou l’amertume du passé alors que la situation vécue au temps présent ne présente que rarement un danger réel. Il n’y a pas, à proprement parlé, de bonnes ou de mauvaises pensées, c’est l’énergie qu’elles génèrent qui peut s’avérer lourde ou au contraire « propulsante ». Cela nous amène au 3ème corps, le corps émotionnel. C’est ce que j’appelle la bombe « anatomique ». Nos émotions vont générer des décharges électriques et hormonales dans notre organisme. Ce sont précisément celle-là qui engendrent l’effet placebo ou nocebo évoqué plus haut, qui peuvent donc nous sauver ou nous tuer. Apprendre à observer ses émotions et en avoir la maîtrise sans s’en couper est donc un outil indispensable pour développer une bonne hygiène de vie. La maîtrise des 3 corps cités précédemment amène très souvent à la découverte du 4ème qui est peut-être le plus puissant. Il s’agit du corps spirituel, celui qui vous permet d’identifier le sens que vous voulez donner à votre existence et les valeurs que vous souhaitez vivre au quotidien. C’est, en définitif, votre boussole intérieure qui va vous permettre de mettre en cohérence qui vous êtes et ce que vous faites, l’homo-sapiens que vous êtes et l’homo-economicus que vous incarnez au travail. Cette boussole sera comme un phare sur l’horizon, quand vous aurez à affronter les inévitables « bourrasques » de votre vie.

 

Propos recueillis par Aubry François