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“ Je crois en la puissance réconciliatrice du pardon. ” Olivier Clerc

Catégorie(s) : À découvrir, À la une, Développement personnel, Rencontres

Héros ordinaire du quotidien, amoureux des métaphores, Olivier Clerc conte et raconte… Il anime des ateliers et des cercles de pardon qui essaiment aux quatre coins du monde. Initié par don Miguel Ruiz, il pose un regard plein de douceur sur notre humanité…

Happinez : Qu’est-ce que l’amour pour vous ?
Olivier Clerc : Bien avant d’être une émotion humaine, l’amour est l’énergie originelle qui soutient le monde, le cosmos tout entier. Cette énergie fait tenir les électrons, les protons et les neutrons ensemble. Si elle disparaissait, le monde et la matière disparaîtraient à l’instant. Il ne s’agit pas, pour moi, d’une abstraction intellectuelle, mais d’un ressenti, d’une expérience qu’il m’a été donné de vivre à répétition. Les mystiques l’ont dit, et de plus en plus de gens le perçoivent et le vivent : on est porté par l’amour, même si on ne le voit pas. Cette force, que certains cultivent jusqu’à un état de conscience et d’épanouisse-ment extraordinaire, nous sommes, nous les hommes, appelés à la manifester à des degrés de plus en plus élevés, de plus en plus vastes, jusqu’à englober tous les êtres possibles. C’est ce cheminement que j’ap-pelle le “yoga de l’amour”. Tout comme on développe ses facultés intellectuelles, ou comme on prend soin de son corps, on peut cultiver et développer son cœur jour après jour, avec ses proches, ses amis et les gens qu’on rencontre, mais aussi au-delà de l’humain. Pourquoi, quand je regarde la nature, quand je contemple un arbre, quand je vois la beauté du ciel ou du soleil, ne pas partager mon amour avec eux aussi ? Chaque année, quand je vais à la mer, je prends le temps de mettre les mains dans l’eau et de saluer l’océan, ce milieu d’où est issue toute forme de vie sur terre, pour le remercier d’être là et de nous témoigner son amour. On peut partager une immense qualité de vibrations et d’amour avec le vivant, et même avec les pierres. Rien n’est exclu de cette énergie-là.

En quoi croyez-vous ?
Je crois en la puissance réconciliatrice du pardon, cette “douche du cœur” qui permet la résurrection de l’amour et la guérison des blessures du cœur. Il y a une quinzaine d’an-nées, au Mexique, j’ai vécu une expérience qui a changé ma vie. Alors que je suivais un stage avec Don Miguel Ruiz, dont je venais de traduire Les Quatre Accords toltèques, il m’a fait toucher du doigt, à travers un rituel en quatre étapes et en moins d’une heure, une chose à laquelle mon éducation catholique ne m’avait pas permis d’accéder. Et il m’a confié la mission d’en témoigner dans un livre. En pardonnant à l’autre, on se pardonne soi-même, et la source de vie rejaillit. Le point commun des gens qui ont fait ce chemin dans le pardon, y compris face à l’indicible, face à l’horreur, c’est d’avoir su, comme le phénix, renaître de leurs cendres. L’amour rejaillit avec une force qu’il n’avait pas auparavant, parce qu’il a traversé la “nuit noire de l’âme”, comme dit saint Jean de la Croix, parce qu’il a connu l’enfer. En nous permettant de retrouver la capacité d’aimer, le pardon guérit les blessures de notre cœur, littéralement, et nous libère du poids des souffrances passées. Pardonner et être pardonné redonnent foi en la vie.

Qu’est-ce qui est sacré pour vous  ?
La qualité du regard que je porte sur le monde et de la relation que j’entretiens avec l’autre. J’aspire à infuser une conscience dans chacun de mes actes, au quotidien, même les plus prosaïques. Comme l’amour, le sacré est partout, inscrit au cœur de l’univers. Il ne se limite pas au religieux ou à la prière, avec une bougie et de l’encens, mais repose, pour moi, sur la notion de confiance. “Confiance”, en français, signifie “avec foi”. Avoir la foi, c’est donc avoir confiance en la vie au-delà de tout, au-delà des apparences et des difficultés. C’est une forme de pari : celui que les choses ont un sens, même si souvent, sous le coup de l’émotion, ce sens m’échappe complètement. On ramène trop souvent le cosmos à notre dimension humaine. Vivre en confiance avec le monde, en s’élargissant au contraire à la dimension du cosmos, permet de traverser bien des situations sans tout remettre en question et sans que tout s’effondre à l’intérieur de soi. De cette confiance, je tire mon espérance. Si l’amour préside à la vie et si chaque chose a un sens, j’y vois un formidable espoir.

Que chacun puisse guérir, quoi qu’il lui soit arrivé. Et que l’humanité s’éveille peu à peu.


Propos recueillis par Lilas Seewald Photo Tous droits réservés