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De la cohérence à l’altruisme, rencontre avec Bruno Lallement

Catégorie(s) : Bien-être, Développement personnel, Livres, Psychologie, Rencontres, Sagesse & spiritualité

Ancien SDF devenu auteur à succès et conférencier, Bruno Lallement accompagne aujourd’hui les personnes dans leur réalisation personnelle tout en se consacrant à de nombreuses causes humanitaires. Son nouveau livre, « Tu ne peux pas désirer une chose et cultiver son contraire », nous invite à mettre plus de cohérence et d’altruisme dans notre vie. Il sortira le 15 mai prochain, dix jours avant la Journée Mondiale de l’Altruisme, dont l’auteur est également le fondateur.

Happinez : Le titre paradoxal de votre ouvrage prescrit donc à l’humanité davantage de cohérence. Mais comment devient-on plus cohérent ?

Bruno Lallement : Pour commencer, posons-nous les bonnes questions. Nous vivons la plupart du temps par réflexe sans jamais interroger nos modes de fonctionnement pour savoir s’ils sont, ou non, appropriés. La première question que nous devrions donc nous poser est la suivante : « que voulons-nous vraiment ? ». Elle induira automatiquement la seconde : « est-ce que ma manière de penser, d’agir et de m’exprimer se trouve en adéquation avec ce que je désire ? ». Cette question repose évidemment sur la base que tous les phénomènes, quels qu’ils soient, résultent d’un ensemble de causes et de conditions, ce qui veut dire que si je veux plus de bonheur dans ma vie, je dois déterminer, avant toute chose, quelles en sont les véritables causes et ensuite comment les produire.

Happinez : Pour aller plus loin, vous évoquez l’un des buts principaux de tout homme, qui est de vivre un bonheur authentique et profond, et vous désignez l’altruisme comme le meilleur moyen d’y parvenir…

Bruno Lallement : Il convient d’abord de déterminer à quel genre de bonheur on fait référence. Nous éprouvons, certes, du bonheur à travers toutes sortes d’expériences, mais cela ne dure jamais ; ce qui nous pousse à toujours courir après la satisfaction de nos désirs. C’est une ronde sans fin. Mais finalement, qui crée la souffrance et qui crée le bonheur ? Si nous sommes suffisamment honnêtes avec nous-mêmes, nous admettrons qu’il s’agit bien de notre esprit. Lorsque je suis aux prises avec de la colère, je ne suis plus en paix, et certainement pas heureux. Par contre, quand je parviens à me réjouir du bonheur d’autrui, ce qui relève de l’altruisme, ou à manifester de la compassion pour les autres, je peux voir combien je me sens heureux et en paix. La question est de savoir comment maintenir cet état d’esprit. Est-ce que cela se cultive ? Se développe ? S’entretient ? Peut-on conserver cet état d’être malgré des conditions adverses ?

Happinez : Comment trouver l’équilibre entre plaisir et culpabilité dans une société occidentale qui prône l’individualisme, mais n’en est pas moins rattrapée par les réalités environnementales ?

Bruno Lallement : En réalité, il n’y a pas d’équilibre à trouver entre plaisir et culpabilité, la culpabilité étant un poison mental qui nous empêche d’agir en responsable et de tirer bénéfice de nos erreurs. Nous avons agi sans conscience, sans nous soucier de l’impact que pouvaient avoir nos choix de consommation sur notre environnement. Aujourd’hui, nous le payons très cher, nos enfants vont hériter d’une planète polluée, insalubre et une grande part de la communauté scientifique confirme un effondrement futur. Tout cela est du pur égoïsme, je veux satisfaire mes désirs, peu importe ce que cela va engendrer. Pourtant, rien ne nous empêche de nous faire plaisir, ni même de nous amuser, bien au contraire, mais pas au détriment de la souffrance d’autrui.

Propos recueillis par Aubry François 

Pour aller plus loin : www.journee-mondiale-altruisme.com