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Dr. Eben Alexander : L’expérience de mort imminente au regard de la science

Catégorie(s) : Art de vivre, Bien-être, Développement personnel, Livres, Rencontres, Sagesse & spiritualité

Neurochirurgien de renom pendant plus de 25 ans, le Dr. Eben Alexander a vécu en 2008 une Expérience de Mort Imminente suite à une méningite foudroyante. Invité du colloque « Santé, Méditation et Conscience » (www.sante-meditation-conscience.com) organisé par les éditions Guy Trédaniel et l’Université Interdisciplinaire de Paris (UIP) au Grand Rex le 28 septembre 2019, l’auteur du livre La Preuve du paradis (J’ai lu, 2015) nous raconte comment cette expérience spirituelle – relatée par des milliers de personnes à travers le monde depuis des siècles – a transformé radicalement sa vision de la vie.

 

Happinez : Qu’est-ce qu’une expérience de mort imminente (EMI) ?

Eben Alexander : Une EMI est une expérience supraréelle vécue par une personne en dehors de son corps physique au moment où elle vit un trauma ou se trouve dans le coma – en raison d’un accident ou d’une maladie – et semble décédée, ou presque. En général, les personnes ayant fait une expérience d’EMI se souviennent d’avoir visité, en passant par un tunnel de lumière, un royaume d’amour d’une grande beauté. Certaines obtiennent même des informations sur le but de leur vie sur terre, quand d’autres rencontrent des figures spirituelles, des anges, ou bien des êtres chers décédés. J’ai découvert que les EMI révélaient la véritable demeure de nos âmes, des âmes de nature éternelle, et que nous étions tous aimés sans condition par ce qu’on peut nommer Dieu, ou encore la Source. La science moderne, de la physique quantique aux neurosciences de la conscience suggèrent fortement qu’en un sens, nous partageons tous la même conscience primordiale, en dépit de notre fausse impression qu’il existe une « frontière » entre nous et les autres. Les expériences de mort imminente sont variées, mais il existe aussi beaucoup de similitudes entre ces vécus qui servent de base à la recherche et à une compréhension scientifique objective.

 

Happinez : Vous avez vous-même traversé une EMI qui a révolutionné votre vie. Pourriez-vous nous la raconter ?

Eben Alexander : Oui. Toutes mes présuppositions sur la science et l’âme ont été transformées. Je crois que ce qui se passe pendant une EMI, c’est que le cerveau, en tant que mécanisme de filtration de la conscience, se met « hors ligne » et que nous sommes soudainement en mesure de faire l’expérience d’une plus grande conscience dans laquelle nous existons. Au lieu de croire que le cerveau produit la conscience, je réalise maintenant qu’il sert de soupape de régulation, limitant ainsi la quantité d’informations à laquelle nous avons accès à partir de la conscience primordiale.

Comme la plupart des médecins, j’ai été formé à la science matérialiste qui fonde la recherche sur des preuves acquises par l’intermédiaire des cinq sens. Bien que cette approche scientifique nous ait apporté de nombreux remèdes de santé révolutionnaires au cours du siècle dernier, elle a fermement résisté au développement d’autres pistes d’exploration. En intégrant les perspectives de la science quantique et le concept de conscience non-locale, les chercheurs ont créé des formes valables de rapports et d’analyses détaillés qui prouvent la réalité des EMI et des expériences spirituelles qui y sont associées.

Mon EMI s’est produite alors que mon cerveau était invalide en raison d’un grave cas de méningite bactérienne qui m’a plongé dans le coma pendant sept jours. Mes médecins ont conseillé à ma famille de se préparer à ma mort car je n’avais que 2% de chances de survivre à une telle infection au septième jour du coma, sans grand espoir de rétablissement. Pendant ce coma, j’ai visité trois royaumes distincts, totalement différents de ma vie terrestre : le Monde Vu du Ver de terre (Earthworm’s Eye View), La Vallée du Passage (Gateway Valley) et Le Centre (The Core). J’ai attribué ces noms à des domaines qui avaient des caractéristiques très différentes, mais qui faisaient tous partie de mon expérience de l’au-delà. Le premier se distinguait par ses ténèbres et des sons forts et répétitifs. En m’imprégnant d’une mélodie musicale simple, j’ai pu naviguer vers un royaume beaucoup plus riche où les êtres jouaient ensemble dans une belle vallée caractérisée par des couleurs vives, une musique et un amour inconditionnel. J’y ai rencontré une guide spéciale qui a voyagé avec moi sur une aile de papillon. Même si je ne le savais pas à ce moment-là, elle serait plus tard capitale à ma compréhension du fait que l’EMI était réelle, à partir d’une photo reçue quatre mois après mon coma. De la Vallée, elle m’a guidée jusqu’au Centre où j’ai rencontré l’essence de Dieu, l’unité et l’amour.

 

Happinez : Comment être certain qu’il ne s’agisse pas d’une simple hallucination provenant du cerveau ?

Eben Alexander : Après le réveil, j’ai écrit tout ce dont je me rappelais de cette expérience vibrante et vivante. Bien que certains de mes anciens patients m’aient transmis des expériences similaires dans le passé, je les avais, comme la plupart des médecins et des scientifiques matérialistes, qualifiées d’hallucinations ou de rêves. Mais suite à ma propre expérience, j’ai compris que cela ne pouvait pas être le cas. J’ai pu déterminer cela après avoir passé en revue mes examens neurologiques, mes résultats de laboratoire et mes analyses du cerveau dans le coma, puis discuté de mon cas avec des médecins et des collègues. Mon néocortex a été tellement touché par l’infection qu’il n’aurait pu produire une quelconque activité cognitive telle qu’un rêve ou une hallucination. Pourtant, je me souviens de tout dans les moindres détails, même aujourd’hui. Un article de recherche approfondi publié par le Dr Bruce Greyson (et d’autres médecins) décrit mon étude de cas. Avec son équipe, il mène régulièrement des recherches sur les EMI et d’autres phénomènes à la Division of Perceptual Studies de l’Université de Virginie. Voici un lien vers l’article: https://med.virginia.edu/perceptual-studies/wp-content/uploads/sites/360/2018/09/Greyson_-Alexander-JNMD-2018.pdf

 

Happinez : À votre avis, est-il possible, à ce stade de la recherche scientifique, de prouver que la conscience est indépendante du cerveau et qu’elle pourrait donc survivre à la mort physique ?

Eben Alexander : Oui. Le phénomène des EMI touche toutes les cultures et toutes les religions et il est rapporté de la même manière depuis des millénaires. Il existe de nombreuses similitudes entre les EMI de personnes qui ne se sont jamais rencontrées ou n’ont jamais lu quoi que ce soit l’une sur l’autre. Les preuves sont réellement écrasantes. S’y ajoutent celles de la physique quantique et de la conscience non-locale : télépathie, expériences hors du corps, observation à distance, prémonitions, pressentiments, expériences de mort partagée (similaires aux EMI mais vécues par des individus en bonne santé), souvenirs de vies passées chez les enfants. Ces preuves renforcent l’idée que la conscience est indépendante du cerveau ainsi que la réalité des expériences de mort imminente.

 

Happinez : Après votre EMI, comment avez-vous réussi à réconcilier le neurochirurgien avec l’homme ayant visité un monde dépassant de loin les limites de la science ?

Eben Alexander : Je suis une personne naturellement curieuse et dotée d’un esprit scientifique. J’ai donc commencé à lire de nombreux livres et articles dans les domaines de la physique quantique, des EMI et des phénomènes connexes. Mon travail en neurochirurgie m’avait déjà montré que nous ne pouvions pas identifier un emplacement physique précis où seraient stockés les souvenirs dans le cerveau. Comme mentionné ci-dessus, la théorie des filtres du cerveau explique beaucoup mieux le rôle et la fonction de ce dernier.

Tandis que j’explorais d’autres moyens d’accéder à une plus vaste conscience sans avoir à mourir, j’ai alors découvert que la méditation était particulièrement efficace, et accessible à tous. J’ai adopté cette pratique ancienne connue des sages de nombreuses traditions et je codirige maintenant des ateliers pour aider d’autres personnes à découvrir cet atout immense permettant de mieux se connaître soi-même. Et cela inclut de réconcilier ou d’intégrer la beauté de notre âme et de son but sur terre avec le don incroyable qu’est le fait d’être un humain. Pour ceux qui veulent en savoir plus, je leur recommande de visiter le site www.sacredacoustics.com et de télécharger une méditation sonore gratuite.

 

Happinez : Quelle a été la réaction de vos confrères face à l’incroyable ?

Eben Alexander : La plupart de mes collègues ont suivi la même formation que moi, et, sans avoir eu l’expérience personnelle d’une EMI, certains de ceux-ci conservent des opinions bien arrêtées, fondées sur une science matérialiste. D’autres ont estimé qu’ils devaient explorer de nouvelles possibilités car ils connaissaient mon parcours et avaient commencé à lire des livres parmi le nombre croissant d’ouvrages et d’articles sur le sujet. Un grand nombre de mes collègues scientifique qui nourrissent un profond intérêt pour la conscience réalisent en tout cas la folie du modèle matérialiste et sont en train d’élargir leur vision du monde pour mieux s’adapter à de telles expériences.

 

Happinez : Aujourd’hui, comment décririez-vous notre univers et notre conscience ?

Eben Alexander : L’univers est essentiellement mental et la conscience de l’existence est une propriété fondamentale de l’univers. Les forces qui régissent les événements de la vie humaine donnent une grande importance aux choix que nous faisons, à la façon dont nous nous voyons et nous traitons nous-même, ainsi que les autres. Le fait de voir sa vie défiler – phénomène rapporté dans plus de 25% des EMI recensées au cours de l’histoire – illustre à quel point nos relations avec les autres ont une influence sur le grand voyage de notre âme. Nous récoltons ce que nous avons semé à l’épreuve de notre vie et nous constatons que traiter les autres avec gentillesse, miséricorde et amour est en réalité inscrit dans la structure de l’univers en tant que règle d’or.

 

Happinez : Avez-vous le sentiment d’en savoir maintenant plus sur le sens de la vie ?

Eben Alexander : Oui et non. Je crois avoir une vision beaucoup plus claire de notre âme éternelle et du but ultime de nos vies « physiques ». Mais je ne crois pas que je sache tout ce qu’il y a à savoir – et ce mystère fascinant m’invite à explorer davantage et à continuer à apprendre. Surtout en cette année où nous célébrons le 50ème anniversaire des premiers pas de l’homme sur la lune, nous pouvons tous être inspirés à regarder au-delà des habitudes inhérentes à notre vie et nous rendre compte que nous faisons partie d’un univers beaucoup plus grand, magnifique, et nourri par l’amour.

 

Propos recueillis par Aubry François

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